Un élève de CM1 roue son institutrice de coups

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Publié le 30 septembre 2008.

EDUCATION - Agé de 11 ans, il a mal pris une remarque, et est devenu subitement incontrôlable…

Vendredi, vers 16 heures, à l’école Jean-Jaurès à Persan (Val-d’Oise). L’enseignante de la classe de CM1 B fait une remarque à un élève. Ce dernier, âgé de 11 ans, devient subitement incontrôlable.

Il se déchaîne sur l’institutrice devant des camarades de classe stupéfaits. «Il l’a tapée. Il a donné des coups de pied dans les jambes. (...) Après, elle saignait du nez», rapporte un enfant au «Parisien».

D’autres élèves vont plus loin, parlent de coups dans le ventre, au visage. «La maîtresse s’est enfermée dans sa classe. Elle ne voulait plus sortir», souffle une mère d’élève au localier.

«Un enfant perturbé»

L’enseignant souffre de contusions, elle est arrêtée pour une semaine. Elle a porté plainte. «Elle est très choquée» précisé Patrice Garnier, l'inspecteur d'académie adjoint du Val-d'Oise, chargé du premier degré.

La plupart des élèves de sa classe sont également traumatisés et ne veulent pas revenir en classe.

L’inspection d’académie a reconnu que c’était un enfant perturbé, tout en soulignant qu’il s’agit «d’une situation peu courante dans le premier degré».

Jean-Jaurès est un établissement classé en zone d'éducation prioritaire, mais où les classes ne sont pas surpeuplées, avec 25 élèves par instituteur.

Pas d’exclusion

L’avenir scolaire immédiat de l’élève violent sera étudié ce mardi par le corps enseignant. Il n’est pas question de l’exclure, car cette procédure n’existe pas à l’école élémentaire. «Les textes ne le permettent pas», a expliqué la directrice de l'école.

L’enfant se trouve toujours dans l’établissement, où on cherche à l’encadrer au mieux avec un psychologue scolaire qui le suit en permanence depuis vendredi. Il bénéficiait déjà d’un accompagnement spécial avant les faits.

Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a demandé ce mardi «au recteur de l'académie de Versailles d'accorder la protection juridique à l'enseignante». Il a exprimé sa «solidarité» à la victime.

«Un fait grave, mais exceptionnel», pour le principal syndicat du primaire

C'est un «fait grave, mais relativement rare, voire exceptionnel» en primaire, a confié Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

«On est parfois confronté à des situations conflictuelles» dans les écoles élémentaires mais ce type d'acte est «rarissime et complètement inacceptable», a-t-il déclaré. 

Gilles Moindrot a cependant fait référence à la décision de Xavier Darcos, dans le cadre du projet de budget 2009, de réaffecter devant des classes entières 3.000 enseignants actuellement spécialisés dans l'aide aux élèves en difficulté: le «personnel chargé d'un élève ou d'un petit groupe d'élèves permet aussi à l'école de remplir son rôle auprès de tous les élèves».

Une banderole «droit au respect» a été accrochée à l’entrée de l’école Jean-Jaurès.
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