PRISONS - C'est un phénomène «que nous constatons depuis quelques années»...
Michèle Alliot-Marie a estimé mardi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) que «plus d'une centaine» de détenus dans les prisons françaises pouvaient être considérés en voie de radicalisation islamique.
Cette radicalisation, en particulier islamique, est un phénomène «que nous constatons depuis quelques années, qui touche aujourd'hui un peu plus d'une centaine de prisonniers» en France, a relevé la ministre de l'Intérieur.
Un manuel pour les prisons
Selon le sociologue
Fharad Khosrokhavar, interviewé par «Libération», l'islam radical se développe en prison «à cause d'un nombre insuffisant d'imams qualifiés. Aujourd'hui, il y a 117 aumôniers musulmans dans les prisons contre 600 aumôniers! Il en faudrait au moins autant».
Pour faire face au problème, Michèle Alliot-Marie a présenté un «manuel, à destination de l'ensemble des personnels pénitentiaires» de l'UE, recensant un certain nombre d'«indicateurs» annonciateurs d'un début de radicalisation et proposant des «recommandations».
Le vêtement ou la barbe
Parmi ces «indicateurs», figure notamment «ce qui peut être d'ordre extérieur, vestimentaire ou barbe qu'on laisse pousser», a précisé la ministre. Elle y a ajouté «d'autres, moins visibles, par exemple, le refus d'obéir à des ordres donnés par les personnels féminins» de l'Administration pénitentiaire.
Le manuel regroupe aussi des «recommandations pour essayer d'interrompre le processus, de rétablir un discours, d'empêcher l'enfermement (sur soi-même) qui préside souvent à la radicalisation», a souligné la ministre, telles que «ne pas avoir une attitude de rejet d'une religion, assurer la liberté religieuse».
Avec agence