Après la réunion de crise entre les professionnels du secteur financier et Nicolas Sarkozy, ce mardi à l'Elysée, l'heure est à la confiance affichée. Les premiers participants qui se sont exprimés à l'issue de la rencontre, vers midi, ont réaffirmé la solidité du système français.
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L'ensemble du dispositif bancaire français est «solide», «stable» et «fiable», ont assuré deux grands patrons de banque et d'assurances, Georges Pauget, du Crédit Agricole, et Henri de Castries, président d'AXA, qui participaient à cette réunion dont l'objectif était d'anticiper les conséquences de la crise financière internationale en France.
Le gouvernement français annoncera d'ici à la fin de la semaine de nouvelles «dispositions» concernant les missions des établissements bancaires en matière de financement de l'économie, a annoncé mardi l'Elysée, sans détailler ces dispositions.
La question des crédits
L'Elysée avait précisé que «la situation des institutions financières ainsi que la distribution des crédits aux ménages et aux entreprises» seraient à l'ordre du jour.
Etaient présents le Premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde et le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Parmi les participants à cette réunion figuraient, en plus de Georges Pauget et Henri de Castries, les directeurs généraux de la BNP Baudouin Prot, de la Société générale Frédéric Oudea, de la Banque populaire Philippe Dupont et du Crédit mutuel Michel Lucas, ainsi que le PDG de la Caisse d'épargne Charles Milhaud.
Le président du directoire de la Banque postale Patrick Werner, celui de l'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles Philippe Jurgensen et le directeur financier de Groupama Helman Le Pas de Secheval y ont également pris part.
Fortis et Dexia nationalisées
La tempête qui s'est emparée des marchés mondiaux après une série de faillites d'établissements financiers américains continue à se propager sur le continent européen, où les trois pays du Benelux ont annoncé dimanche la prochaine nationalisation partielle de la banque Fortis.
Alors que l'état de santé de la banque franco-belge Dexia alimente à son tour les craintes, faisant chuter de près de 30% lundi son cours en Bourse, l'Etat et les régions belges sont tombés d'accord lundi soir pour augmenter le capital du groupe. Un conseil d'administration exceptionnel de la banque avait lieu dans la soirée.
Dans l'entourage du chef de l'Etat, on convient que, même si «le système bancaire français est plutôt mieux protégé que les autres», «la situation a changé». «Des banques sont en difficulté en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, on commence à se sentir un peu encerclés», admet-on.
L'Etat garant
Lors de son discours de Toulon jeudi, Nicolas Sarkozy avait pris «l'engagement solennel» que l'Etat garantirait «la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français» en cas de menace. Promettant de protéger les épargnants, il avait affirmé que l'Etat interviendrait en cas de «restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d'assurer leur trésorerie».
Le chef de l'Etat a annoncé qu'une réunion de préparation d'un sommet pour la «refondation du système financier international» se tiendrait bientôt à Paris avec les quatre Européens du G8 ainsi que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le patron de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker et Jean-Claude Trichet (BCE).