Discrètement, l'américain Nick McDonnell fait son trou. Son livre décroche ainsi la 47e place des meilleures ventes (classement Livres Hebdo). Une jolie prouesse : la critique n'en parle pas encore et son ouvrage, Guerre à Harvard (Flammarion), est minuscule. Ancien étudiant de 24 ans, l'auteur raconte une année passée à Harvard.
Ce pourrait être un banal « campus novel », ces romans écrits par des élèves désenchantés, s'il ne s'agissait du portrait des élites destinées à diriger le monde. McDonnell raconte ainsi froidement un quotidien estudiantin, où se mêlent des bribes de l'actualité comme cette guerre en Irak qui n'intéresse personne sur le campus. « Si vous êtes comme moi, un Américain né en 1984, des soldats sont morts pour vous au cours de votre vie dans beaucoup d'endroits. Dans les Balkans, en Somalie, en Irak, au Koweït, en Afghanistan, partout dans le monde », rappelle-t-il dans un livre où les morts sont banalisés et la jeunesse centrée sur elle-même. De la création de Facebook depuis la chambre d'étudiant d'à côté, à l'exécution de Saddam Hussein, en passant par les débuts d'Obama, c'est une brève histoire de l'Amérique que McDonnell déroule. Un parfum de Breat Easton Ellis nimbe le texte d'un jeune auteur qui publiait son premier roman, Douze, à 17 ans. La littérature américaine tient sa relève, et elle ne plaisante pas.