Au FCN, le passé est omniprésent. Plus peut-être que dans n'importe quel autre club. Et les dirigeants actuels doivent s'accommoder de cette spécificité. A chaque crise - celle de 2006 et celle d'aujourd'hui - les supporters nantais brandissent ainsi « la sauvegarde du patrimoine ». Pas une semaine ne passe sans que « le jeu à la nantaise » rejaillisse dans une émission ou dans un journal, accompagné de l'antienne « c'était quand même mieux avant ».
Depuis son arrivée en 2006, la direction actuelle a sans doute occulté l'importance de l'histoire au FCN. « Ils n'ont pas envie, sont fatigués et ont tout donné avec coeur », déclarait ainsi le président Kita à son arrivée en évoquant les anciens. Que Kita ne veuille pas faire appel à Budzynski, Suaudeau ou encore Denoueix n'a rien d'impudent. En revanche, la manière dont Pascal Praud, le directeur général délégué, a parlé du passé, paraît peu appropriée au contexte. En déclarant à la presse début septembre : « Le FC Nantes des Choristes, c'est terminé ! », Pascal Praud a prêté le flanc à la vindicte populaire et s'est attiré les foudres des supporters nantais. Hier, Christian Larièpe a tenu à corriger quelque peu le discours officiel. Coup de communication ou démarche sincère ? « Parce que tu viens de l'extérieur, les gens du FCN ont l'impression que tu remets forcément en cause leur fonctionnement, leurs méthodes, explique Larièpe. Mais c'est faux. L'identité de ce club, il faut la respecter. Il faut s'aider du passé pour bâtir l'avenir. » Larièpe ne s'épanche pas sur la déclaration de son collègue Praud même s'il reconnaît « peut-être une maladresse ». Toutefois, pour lui, il n'y a « aucun mépris » vis-à-vis du passé. « Comment renier les gens qui ont créé une telle histoire. Moi, je suis ouvert à tout. Et je suis même demandeur de voir Jean-Claude Suaudeau pour discuter. »