Costume gris sur chemise blanche, l'impeccable M'Hamed Bellouti quitte la dixième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il vient de perdre son procès, et ça se voit. Son visage est grave. Le tribunal a relaxé Jean Sarkozy, accusé par M'Hamed Bellouti d'un délit de fuite à scooter lors d'un accrochage à Paris en 2005. Il a aussi condamné cet homme de 37 ans à payer 2 000 euros au fils du président de la République pour « procédure abusive et téméraire ».
« Je suis sous le choc, désespéré. Je n'ai pas pu inventer ce numéro de plaque d'immatriculation, nom d'une pipe ! La relaxe, je m'y attendais, je savais que Jean Sarkozy était au-dessus des lois, c'est le fils du président de la République. Mais devoir payer pour une procédure abusive, c'est surréaliste ! »
Nul doute que l'éloquent Jean Sarkozy, qui assure qu'il se trouvait sur les bancs du lycée au moment des faits, aurait su trouver les mots pour riposter. Mais il n'est pas là, bloqué par son travail au conseil général des Hauts-de-Seine. C'est donc son avocat, Me Thierry Herzog, qui s'y colle, arc-bouté sur les conclusions des experts, selon lesquels l'accident n'a pas eu lieu dans les conditions décrites par le plaignant : « Le dossier était vide. La justice a fait ce qu'elle avait à faire. » M'Hamed Bellouti, lui, se plaint d'une expertise à charge. Il n'en démord pas, reprenant des accusations dignes de celles du MoDem et du PS au moment de l'affaire Clavier. « J'ai un message pour les Français : n'attaquez jamais le Président. Cette république a des relents monarchiques. »