Bruno Di Maio
Auteur d'Au coeur du trafic (Editions Intervista).
Vous avez connu les premiers « Go Fast » en France, il y a une quinzaine d'années...
A l'époque, on ne parlait pas de « Go Fast », on disait qu'on faisait une « remontée ». J'ai 37 ans, j'ai été délinquant pendant vingt-cinq ans - vols, braquages... - et trafiquant de drogue à fond pendant cinq ou six ans, dans les années 1990. Depuis dix ans, je me suis rangé.
Un « Go Fast », ça rapporte ?
Ça dépend du stock transporté, de la marchandise, de son rôle dans l'équipe... Plus il y a d'intermédiaires et moins il y a d'argent à l'arrivée, sans oublier les frais : l'essence pour les voitures, les logements sur place s'il faut attendre la livraison...
Les « Go Fast » ont-ils évolué ?
Ceux pratiqués aujourd'hui sont plus violents. Tout se fait à l'arrache, les gars cachent moins la drogue, ne s'arrêtent pas, défouraillent au moindre contrôle. C'est devenu plus dur pour la police de serrer un « Go Fast », car ça peut vite tourner au carnage.
Pourquoi avoir raccroché ?
Pour voir grandir ma fille. Je savais qu'avec mon CV, si je tombais, j'en prenais pour vingt ans minimum. Aujourd'hui, je fais de l'import-export de meubles. En somme, je travaille toujours dans la vente, mais dans un secteur légal.
Pas de repentance ?
Je ne suis pas un repenti. J'ai changé de vie, mais pas de mentalité. Si demain, un ami a besoin d'aide, je serai là, mais si c'est vraiment un ami, il ne m'appellera pas pour un sale coup.