Le terme a été inventé par la police, inspirée par les hors-bord des trafiquants dans les Caraïbes. Les « Go Fast » - « aller vite » - sont un mode privilégié de transport de la drogue en France. Des bolides partent des cités en périphérie des villes vers le sud de l'Espagne pour charger de la résine de cannabis en provenance du Maroc, puis remonter à tombeau ouvert. Ce phénomène connu depuis une dizaine d'années dépasse aujourd'hui le cercle des initiés, comme en témoigne le film Go Fast, qui sort demain. « Les flics ont compris la combine début 2000, alors qu'elle est née vers le milieu des années 1990, explique un spécialiste des stups. Ils n'imaginaient pas que des délinquants de cité pouvaient faire de l'import. Pour eux, ça restait le monopole du grand banditisme. »
Le « Go Fast » permet de tenir la chaîne commerciale de l'achat à la revente et de travailler sans stock. « Les drogues se diversifient », note Jean-Michel Colombani, le patron des stups français. Des équipes se seraient spécialisées dans les « Go Fast » vers l'Espagne (shit et cocaïne) et les Pays-Bas (herbe, ecstasy). Avant la fin de l'année doit être créé à Toulon le Ceclad, plate-forme policière antidrogue entre la France, l'Espagne et le Maghreb. « Des "Go Fast" se font par bateau sur la Méditerranée, confie un policier. Des trafiquants colombiens se sont installés en Afrique de l'Ouest, et on surveille une éventuelle alliance entre les cartels de la coke et les "Go Fast". »
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Relisez Go Fast, notre roman de l'été