La guerre des gangs continue à Grenoble

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Publié le 30 septembre 2008.

Un mode opératoire exceptionnel pour une violence ordinaire. L'assassi­nat d'un détenu dimanche dans la cour de promenade de la maison d'arrêt de Varces (Isère) réveille le spectre de la guerre des gangs à Grenoble. En effet, la victime n'est autre que Sghaïr Lamiri, le frère de Lasaad, un trafiquant dont le meurtre en 2003 par un tireur à moto avait été le prélude à de sanglants règlements de comptes dans les cités grenobloises. Une guerre entre clans qui a fait huit morts et huit blessés en 2007 après que les meurtriers présumés de Lasaad Lamiri eurent été acquittés. Interpellé hier à proximité de la prison en possession d'un fusil à lunette encore chaud, le tireur présumé, dont l'identité n'était pas connue hier, serait un homme de 58 ans connu pour des cambriolages.

Si ce meurtre ravive le débat sur les conditions de détention et la sécurité des détenus en France, il fait aussi écho à cette série de meurtres commis, pensent les enquêteurs, afin de conquérir le marché de la drogue dans la région. Pourquoi Grenoble plus qu'une autre ? Jérôme Pierrat, spécialiste des gangs*, a son idée : « C'est une ville universitaire où le marché de la drogue est florissant, il y a beaucoup de quartiers sensibles et aussi une forte tradition du banditisme. Ces trafiquants qui s'entre-tuent viennent de quartiers difficiles, pas tous du même, mais appartiennent au même genre de milieu. Ils constituent des « noyaux » qui se livrent à une vendetta. Leurs méthodes sont inspirées par celles du milieu traditionnel : les moyens et l'ingéniosité qu'ils déploient montrent qu'ils sont organisés. En même temps, ils se font souvent arrêter par les enquêteurs. N'empêche, c'est une voyoucratie en devenir. » Car là où dans le grand banditisme, on tuait pour des différends importants, « cette nouvelle génération n'hésite pas à prendre les armes pour défendre son petit territoire ou après des embrouilles mineures », souligne un policier. On ne connaît pas les véritables raisons du meurtre de 2003, qui a tout déclenché. Difficile dès lors de trouver les moyens d'étouffer les braises fumantes de cet incendie meurtrier.

David Carzon - ©2008 20 minutes
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