L'Europe fait face à la crise
Créé le 29.09.08 à 18h59
Mis à jour le 30.09.08 à 12h09
|
FINANCES - Les principaux gouvernements de l'UE ont sonné le branle-bas de combat pour sauver leurs établissements menacés par la faillite...
Bradford & Bingley, Dexia, Fortis, Hypo Real Estate… la menace se précise, les noms des établissements financiers au bord de la faillite se succèdent. Partout en Europe, c’est le branle-bas de combat pour sauver ses banques en perdition.
La Banque centrale européenne impliquée
La BCE a abreuvé lundi le marché monétaire avec 120 milliards d'euros de liquidités, tout en promettant qu'elle continuerait aussi longtemps que nécessaire. Elle permet ainsi aux banques de se refinancer et évite une pénurie du crédit préjudiciable à l'économie.
La BCE prévoit d'allouer 30 milliards de dollars dans le cadre d'une opération concertée avec la Réserve fédérale américaine (Fed).
La Belgique vigilante, la France concernée
Le gouvernement belge, associé aux voisins néerlandais et luxembourgeois, a décidé de mettre au pot pour rafistoler Fortis, le principal établissement du pays,
comme nous vous l’expliquons en détail ici. Fortis emploie 85.000 personnes et fait partie des 20 plus grandes banques européennes.
Et ce mardi, c'est au tour de Dexia, premier banquier des collectivités locales en France et en Belgique, d’être sauvé par une nationalisation partielle. Le Premier ministre Yves Leterme a annoncé un accord entre les gouvernements belge, français et luxembourgeois pour injecter 6,4 milliards d'euros dans le bancassureur franco-belge.
L’Allemagne toujours crédible
Berlin s’est démené pour la banque immobilière Hypo Real Estate, maison mère de Depfa Bank, spécialisée dans le financement des collectivités locales, qui est au bord du gouffre. Hypo a finalement reçu une ligne de crédit de 35 milliards d’euros, garantie par un consortium de banques privées et l’Etat (pour près de 75%).
La gouvernement d’Angela Merkel retrouve une crédibilité quelque peu écornée par
l’affaire KfW, une banque publique aux errements importants en début de crise. Mais l’hémorragie a été stoppée et KfW vient d’emprunter 1 milliard de dollars sur deux ans, signe que le marché redémarre.
La Grande-Bretagne moins libérale
Margaret Thatcher doit mal dormir. Son pays devient terre de nationalisations. Londres s'apprête à prendre en charge la banque Bradford & Bingley, au bord du gouffre. Après Northern Rock, c’est le deuxième sauvetage public d'un établissement de crédit britannique depuis le début de l'année. Ses meilleurs actifs transférés au groupe espagnol Santander, tandis que les plus risqués resteront à la charge de l'Etat. Santander avait déjà racheté Alliance & Leicester.
Et aussi
Au Danemark, Roskilde, dont les actifs étaient déjà placés sous la garantie de la banque centrale, a été rachetée par trois concurrentes. L’établissement islandais Glitnir a été nationalisé.
M.Gr.
Réagissez à cet article