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La réunion de crise sur le chômage à Bercy se fera sans Christine Lagarde

Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, pose le 26 mars 2008, lors d'une conférence de presse à Paris
Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, pose le 26 mars 2008, lors d'une conférence de presse à Paris/Patrick Kovarik AFP/Archives

EMPLOI - La ministre doit préparer la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les principaux banquiers et assureurs mardi...

Christine Lagarde sèche la «réunion de crise» sur le chômage ce lundi soir à Bercy. La ministre de l'Economie doit préparer à l'Elysée la rencontre, mardi, entre Nicolas Sarkozy et les principaux banquiers et assureurs, a indiqué son ministère.

Cette réunion était programmée avant la publication des chiffres officiels. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, doit rencontrer les administrations et organismes concernés par la lutte contre le chômage. Les statistiques de l'ANPE pour le mois d'août seront publiées juste après.

Dès vendredi, Laurent Wauquiez avait reconnu, confirmant une information de Rue89, qu'on se situerait entre 30 et 40.000 chômeurs de plus ce mois-là, et dimanche la ministre de l'Economie Christine Lagarde a évoqué un chiffre «autour de 40.000». A titre de comparaison, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1 (personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé), était en hausse de 2.100 demandeurs d'emplois en juillet (portant à 1,9 million le nombre de chômeurs).

«Une grosse baisse de l'intérim» pour Lagarde

Ce chiffre mensuel est considéré par les experts comme un indicateur moins fiable que le taux trimestriel du chômage (7,2% au second trimestre en métropole, celui du troisième trimestre devant être connu début décembre). Mais la hausse d'août, la quatrième consécutive depuis mai, est inquiétante: il faut remonter à 1993 pour trouver une progression aussi forte.

«On est en face d'une baisse de la croissance, d'une grosse baisse de l'intérim, et donc tous les intérimaires sortis de leur mission sont allés s'inscrire» à l'ANPE, expliquait dimanche Christine Lagarde sur Canal+. Dans les usines PSA de Rennes et Roissy, le nombre d'intérimaires est ainsi «proche de zéro», déclarait son président, Christian Streiff, au «Journal du Dimanche».

Cette dégradation «est liée à la crise» financière internationale, a estimé dimanche le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. Des propos faisant écho à ceux de Nicolas Sarkozy, jeudi à Toulon, prévenant que la crise aurait un impact «dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat».

«La politique du gouvernement» en cause pour la CGT

Syndicats et opposition reprochaient toutefois au gouvernement de s'abriter derrière l'argument de la crise après avoir minimisé la gravité de la situation. La hausse du chômage d'août est intervenue «avant la crise» financière internationale, a rétorqué dimanche le président du Modem, François Bayrou.

De son côté, la secrétaire confédérale de la CGT a estimé ce lundi que «la politique du gouvernement» était davantage «responsable» de la cette situation que la crise financière. «L'année dernière, notre pays a connu 300.000 créations d'emplois, cette année seulement 34.000, dix fois moins. Or cette année, qu'a fait le gouvernement? Il a été concentré sur la déréglementation du Code du travail, le détricotage des 35 heures, il a poussé ceux qui ont un travail à travailler plus longtemps au détriment de l'embauche de ceux qui sont à côté», a dénoncé Maryse Dumas.
Avec agence
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