USA 2008 - La campagne américaine a-t-elle vraiment viré au vaudeville? Retour sur un geste désespéré du secrétaire au Trésor, Henry Paulson...
De notre correspondant à New York
USA2008
Alors que John McCain
vient d’annoncer qu’il se rendrait bien au débat présidentiel prévu ce vendredi soir, difficile de savoir si celui-ci pourra effacer le souvenir de l’une des scènes les plus surréalistes jamais vues à Washington.
Les démocrates partent furieux
L’action se déroule à la
Maison Blanche, jeudi soir. Autour d’une table aux extrémités de laquelle se tiennent John McCain et Barack Obama, sont notamment assis George W.Bush, le secrétaire au Trésor
Henry Paulson, Nancy Pelosi et Harry Reid, les leaders de la majorité démocrate au Congrès, et les leaders de la minorité républicaine.
L’assemblée
vient d’apprendre qu’une partie des
républicains de la
Chambre des représentants du Congrès ne votera pas pour le
plan de sauvetage proposé par l’administration Bush. Dans une ambiance décrite comme
électrique, Bush a du mal à ramener le calme. Les accusations volent. Obama et McCain ont déjà quitté la salle sans un mot. Furieux, les démocrates quittent la salle pour un conciliabule sur la marche à suivre.
«Ne faites pas tout exploser»
Et là, l’incroyable se produit: Henry Paulson part à leur poursuite et pose un genou à terre devant Nancy Pelosi. «Ne faites pas tout exploser», implore-t-il. Surprise, Pelosi réplique: «Je ne savais pas que vous étiez catholique», en réponse à un geste que la presse décrit comme une «génuflexion». Puis elle ajoute,
selon le «New York Times»: «Ce n’est pas moi qui ai tout fait exploser, ce sont les républicains.» «Je sais, je sais», aurait répondu Paulson.
Après l’annonce surprise par John McCain de la suspension de sa campagne, la réunion qui devait être une démonstration de coopération bipartisane a tourné en un étalage édifiant de manœuvres politiques. Les représentants républicains, qui sont nombreux à avoir une
réélection en jeu, n’ont pas les mêmes impératifs que John McCain. Ils regardent avec beaucoup de méfiance l’intervention massive du gouvernement fédéral prévue par le plan, estimant que les contribuables ne sont pas suffisamment protégés.
La manœuvre de dernière minute a permis aux démocrates d’accuser les républicains d’avoir bloqué les négociations. Mais pour l’instant, il n’est vraiment pas sûr que l’un ou l’autre candidat et son parti soient sortis grandis de ce vaudeville au plus niveau.
Les
négociations doivent reprendre ce vendredi après-midi.
Gilles Bouvaist