INTERNATIONAL - Moscou lui a accordé un prêt d'un milliard de dollars pour des achats d’armes. Le président du Venezuela rencontre ce vendredi Dmitri Medvedev...
Cela tourne à l’idylle entre Moscou et Caracas. Proches depuis plusieurs années, Hugo Chavez et le Kremlin renforcent actuellement leur lien avec une visite du président vénézuelien particulièrement fructueuse en terme de contrats. Ce vendredi Chavez doit se rendre
Orenbourg, dans le sud-ouest de la Russie, pour des entretiens avec le président Dmitri Medvedev.
Cinq géants russes des hydrocarbures vont investir des «milliards de dollars» au Venezuela dans le cadre d'un consortium qui sera instauré d'ici au printemps 2009, a annoncé ce vendredi le ministre russe de l'Energie. Vladimir Poutine avait annoncé jeudi de lourds investissements dans ce domaine. «Je suis content de souligner que
Gazprom prévoit de lancer fin octobre le premier forage dans le Golfe de Venezuela».
Soulignant «la coopération militaro-technique positive» entre les deux pays, Moscou avait déjà accordé au Venezuela un prêt d'un milliard de dollars (682 millions d'euros) pour des achats d'armes.
Moscou et Caracas ont déjà signé entre 2005 et 2007 douze contrats d'un montant total de 4,4 milliards de dollars. La Russie a notamment vendu au Venezuela 24 avions de chasse Soukhoï 30, 50 hélicoptères de combat Mi-17 et 100.000 fusils d'assaut kalachnikov. Le projet d'installation d'une usine d'armements au Venezuela qui fabriquerait ces produits sous licence est aussi à l'étude. Cette coopération est très mal vue par les Etats-Unis.
Nucléaire et hydrocarbures
Le Premier ministre Vladimir Poutine a également proposé ce jeudi au Venezuela de coopérer sur la question du nucléaire civil.
L'ancien président russe avait reçu Chavez en Russie à maintes reprises ces dernières années. «Aujourd'hui, plus que jamais, tout ce que tu as dit sur le monde multipolaire devient réalité. Ne perdons pas de temps», a lancé Chavez à Poutine ce jeudi.
Cette nouvelle visite du pourfendeur de l'«impérialisme américain» intervient au moment où une flotte de navires de guerre russes s'apprête à effectuer au large du Venezuela des manoeuvres navales sans précédent depuis la guerre froide. Dans une région pourtant considérée comme une chasse gardée de Washington.
Echange d’amabilités
Le Kremlin a mis l'accent sur «le soutien par le Venezuela de l'opération russe pour contraindre la Géorgie à la paix après l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud».
Ce vendredi, Hugo Chavez devrait faire une déclaration de soutien à la Russie pour son intervention militaire en août contre la Géorgie, affirme le quotidien russe «
Kommersant» en citant une source de la délégation vénézuélienne.
Prudence
Mais Chavez ne se joindra pas à la Russie dans la
reconnaissance des territoires séparatistes géorgiens d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, au centre du conflit entre Moscou et Tbilissi. La prudence reste aussi de mise du côté russe sur la violence des discours de Chavez.
Si le Kremlin soigne ce gros client militaire, il garde ses distances avec les propos antiaméricains du président vénézuélien et préfère souligner la coopération bilatérale.
Avec agence