Grégory Gaultier est numéro 2 mondial, mais personne ne le connaît. Forcément, Gaultier fait du squash, un sport confiné entre quatre murs, bien à l’abri des caméras. Du 22 au 27 septembre, se déroulent à Paris les Internationaux de France de squash à Charléty. Rencontre avec le numéro 1 français.
Quand avez-vous commencé le squash?
J’avais 4 ans, mes parents tenaient un club de squash, ça s’est fait naturellement.
Est-ce qu’un bon joueur de tennis est forcément un bon joueur de squash?
Pas forcément. Tout est différent: les appuis, les angles que l’on donne à la balle, le déplacement. A l’entraînement, j’essaye de travailler l’endurance, la rapidité et la technique. Un tennisman a une frappe de balle différente, il met de l’effet, alors qu’en squash ce n’est pas possible. Personnellement, je sais frapper la balle en tennis, mais je suis très moyen.
Arrivez-vous à vivre de votre sport?
Oui, mais je ne pourrais pas me la couler douce après ma carrière.
Comment expliquez-vous que le squash ne soit pas plus médiatisé en France?
Forcément, je regrette qu’on ne parle pas plus de ce sport alors qu’il y a deux joueurs français dans le top 6 (Thierry Lincou, 6e mondial). Pour les Internationaux de France à Paris, la Fédé a mis de gros moyens et j’espère que les caméras et le public vont venir. Ce serait bien que cet événement se pérennise.
Pour un Français, ces Internationaux à Paris sont un objectif ou une préparation aux Mondiaux de squash, qui débutent dans un mois?
Après quelques semaines de trêve, cette compétition permet de retrouver le rythme et puis ça fait vraiment plaisir de jouer en France devant notre public, car nous n’en avons pas l’habitude. Personnellement, ça me motive encore plus, mais je n’oublie pas que ce tournoi reste une préparation aux Mondiaux.
Comment expliquez-vous qu’il y ait autant d’Anglais et d’Egyptiens sur le circuit mondial?
Dans ces deux pays, le squash est un sport majeur. Les Britanniques l’ont diffusé dans toutes leurs colonies. En Angleterre, il y a aujourd’hui 3 millions de licenciés. En Egypte, le sport s’est beaucoup développé récemment grâce à une star comme Ahmed Barada. Il serait de la famille du président Moubarak et c’est une véritable star là-bas. Du coup, ils avaient même organisé un tournoi au pied des pyramides. Aujourd’hui, Barada fait même de la chanson.
Ancien numéro 2 mondial, Ahmed Barada est aujourd’hui à la retraite et fait rêver les Egyptiens en chantant des chansons d’amour:
Quels sont vos objectifs jusqu’à la fin de la saison?
Je ne pense qu’aux championnats du monde dans un mois. Ensuite je vais disputer 5 ou 6 tournois, notamment au Moyen-Orient. En fait, je vais passer mon temps à voyager. Ce n’est pas toujours agréable de perdre du temps dans les aéroports, mais ça fait partie des inconvénients du job.
Existe-t-il une solidarité entre les Français qui sont sur le circuit?
On essaye de se retrouver sur la plupart des tournois. Sur les gros tournois où les moins bien classés ne peuvent pas venir, nous sommes moins nombreux. Du coup, je voyage souvent avec Thierry Lincou, on s’aide mutuellement.