Les pro-Hillary ont encore du mal avec Obama

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Publié le 25 septembre 2008.

USA2008 - En dépit des appels à l'unité, les supporters d'Hillary Clinton ont encore du mal à être emballés…

De notre correspondant à New York
USA2008

Selon un sondage récent, le pourcentage d’électeurs favorables à Hillary Clinton et décidés à voter pour Barack Obama (58%) n’a pas bougé entre le mois de juin et aujourd’hui.

Lundi soir, dans une discothèque de Manhattan, des purs et durs avaient rendez-vous pour un fundraiser, une soirée de collecte de fonds destinée à rembourser la dette de campagne d’Hillary Clinton (la place coûte entre 75 et 250 dollars).

La sénatrice de New York fera une brève apparition (vingt minutes d'un discours pro-Obama et pro-démocrate) devant un public un peu clairsemé, partagé entre jeunes cadres multiraciaux et quinquagénaires, majoritairement des femmes. Une réunion pour acharnés, donc, où la tension entre fidélité au parti démocrate et doutes sur le candidat choisi est évidente.

«Je ne l'aime pas vraiment»

Robert Berges, un consultant de 42 ans, se dit «blessé par les primaires démocrates et de tout ce qui a été dit sur elle, dans une campagne très vicieuse. Je vais sans doute voter pour Obama mais je ne suis pas convaincu. Il parle très bien, mais il n’a aucune substance. Et j’ai peur qu’il n’ait pas l’expérience nécessaire.»

Pourtant, la tournure de la campagne de McCain semble l'avoir ramené vers son camp: «J’aurais peut-être hésité à voter pour McCain si sa campagne n’était pas devenue aussi négative. Il m’a beaucoup déçu, on dirait qu’il rend Obama responsable de tous les maux. Il est descendu bien bas.»

Une supportrice, qui ne veut pas donner son nom et se dit «féministe depuis toujours» reste plutôt tiède sur la candidature d’Obama: «Je voterai pour lui mais je ne l’aime pas vraiment. Cela dit, il est quand même OK, et j’apprécie Joe Biden. Mais j’ai surtout trouvé insultant le choix de Sarah Palin par McCain. Comment ose-t-il comparer avec Hillary et ses trente ans d’expérience, cette ancienne reine de beauté tueuse d’animaux et son expérience à la tête d’une petite ville?»

«Si ce n’est pas Hillary, alors ce sera McCain»


D'autres ont définitivement basculé de l'autre côté depuis la défaite d'Hillary lors des primaires démocrates. Pour Kathleen Collins, 40 ans, «le parti démocrate a choisi de ne pas soutenir la seule femme capable de devenir présidente, malgré ses dix-huit millions de voix, et a choisi d’aider Obama.»

Josephine White, une retraitée de 61 ans, brandit fièrement un tee-shirt blanc: «Si ce n’est pas Hillary, alors ce sera McCain»: «S’il avait choisi Hillary, j’aurais voté pour Obama, mais il a déconné. Son propre ego l’a trahi. Au final, il me semble que McCain mérite davantage de devenir président. McCain a souffert pour son pays au Vietnam. Et j’apprécie le fait qu’il se soit toujours dressé pour ce à quoi il croyait, quelles que soient les circonstances, même contre son parti ou même si le geste était risqué politiquement.»

A côté d'elle, Robert Christol, dentiste, désapprouve, l'air peiné: «J’ai donné beaucoup, beaucoup plus d’argent à Hillary qu’à Obama et quand elle a perdu j’étais vraiment dévasté. Mais si vous soutenez Hillary, ce n’est pas seulement pour elle mais en fonction de ce à quoi le monde ressemblera dans quatre ans. Et élire Barack Obama aurait une signification terriblement importante.»
Gilles Bouvaist
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