Le problème est que rien n’est prêt. Pas une route, pas un stade... La situation est tellement gênante que même le président de la Fédération polonaise de football Michal Listkiewicz a du l’avouer à l’hebdomadaire allemand «Die Zeit» mercredi: «Si l’Euro n’avait lieu chez nous qu’en 2016, nous en serions très satisfaits.» Des propos qui ne font que relancer la rumeur récurrente de l’autre côté de la frontière Oder-Neisse: en cas de solution de remplacement de dernière minute, l’Allemagne serait ravie de sauver la mise à ses voisines.
C’est Franz Beckenbauer, président du FC Bayern et grand manitou de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, qui a ouvert subtilement le débat en janvier 2008. «Ce n’est pas très chic de nous présenter nous-mêmes en position de remplaçant», a déclaré finement le Kaiser à la presse, alors que les premières critiques sur l’impréparation de la Pologne et de l’Ukraine apparaissaient.
En juin 2008, «des cercles proches de l’UEFA» déclaraient à l’agence allemande de presse DPA «qu’on avait demandé à l’Allemagne de penser à une solution de secours» pour l’Euro 2012. En juillet, le secrétaire général de la fédération allemande de football Wolfgang Niersbach démentait «toute demande officielle de l’UEFA» sur la question.
Officiellement peut-être, mais en sous-main, les discussions existent. Une des solutions envisagées serait de faire jouer certains des matches à Berlin et à Leipzig qui ont accueilli la Coupe du Monde 2006 et sont à moins de 150 km de la frontière polonaise. Une telle annonce a des répercussions diplomatiques, qui embarrassaient les autorités européennes du foot jusqu’à présent. Les Polonais sont en effet terrifiés à l’idée d’être ridiculisés face leur grand voisin, dont la Coupe du Monde avait été qualifiée de «meilleure de tous les temps» par le président de la FIFA Sepp Blatter.
«Si [notre préparation avec l’Ukraine] n’est pas au point et que l’UEFA a une autre solution, nous somme preneurs», a finalement conclu Listkiewicz dans le Zeit. Un bel appel du pied au président Platini et à ses collègues de l’UEFA.