Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Les étudiants entrant cette année à l'université vont-ils bénéficier de la nouvelle licence pluridisciplinaire ?
Dès ce mois-ci, le visage de la licence change. Il est prévu une première année plus fondamentale garantissant la maîtrise des savoirs fondamentaux (expression écrite, culture générale...) et un renforcement des compétences (langue étrangère, nouvelles technologies...), avec un accompagnement via la mise en place d'un enseignant référent, enfin une ouverture vers les champs de métiers. Une somme de 730 millions d'euros a été dégagée sur cinq ans.
Pourront-ils signer un « contrat de réussite » dès cette rentrée ?
Beaucoup d'universités sont en train de la mettre en place. Il s'agit d'un engagement réciproque entre étudiants et enseignants-chercheurs : les équipes pédagogiques organiseront, par exemple, un suivi personnalisé des étudiants en difficulté et ces derniers devront en contrepartie respecter une obligation d'assiduité.
Auront-ils plus d'heures de cours que leurs aînés ?
Le plan « Réussir en licence » permet de dégager 5 heures hebdomadaires supplémentaires par étudiant. Elles peuvent permettre de réduire la taille des groupes de travail afin d'assurer un suivi plus efficace des étudiants. Ces heures peuvent aussi prendre la forme de cours supplémentaires, de tutorat, de soutien méthodologique.
L'anglais sera-t-il proposé à 100 % des étudiants de 1re année dès la rentrée comme vous l'avez souhaité ?
Tous les cursus proposeront d'ici trois ans aux étudiants des cours d'anglais avec une certification à la clé comme le Cles (certificat de langue de l'enseignement supérieur). La dynamique est lancée : à la rentrée, 80 % des nouvelles licences proposent un renforcement des langues et de l'anglais en particulier.
Autre nouveau dispositif : le suivi des étudiants de 1re année par un enseignant référent. Quel sera son rôle ?
L'enseignant référent est l'interlocuteur privilégié du groupe d'étudiants (une vingtaine en moyenne), notamment si ces derniers rencontrent des difficultés dans leur parcours. Il a pour mission d'assurer le suivi de leur projet personnel d'étude, de leur proposer un soutien individualisé, d'accompagner un éventuel changement d'orientation. Il jouera donc un rôle important pour réussir la transition entre le lycée et l'université.
Vous avez aussi promis des jobs à la fac dès septembre. De quels emplois s'agit-il ?
Les contrats étudiants ont été mis en place en janvier 2008 et concernent en priorité les étudiants les moins favorisés (boursiers). Ces emplois sur les campus sont liés à l'accueil des nouveaux étudiants, à l'animation de la vie des établissements et aux activités d'aide à l'insertion professionnelle. Ces emplois sont compatibles avec le déroulement de la scolarité : ils n'excédent pas un mi-temps et sont rémunérés sur la base du smic.
Est-ce que les étudiants mal orientés pourront dès le 1er semestre être réorientés en BTS ou DUT ainsi que vous l'aviez prévu ?
Bien sûr. Des commissions pédagogiques se réuniront en fin de premier semestre afin d'envisager une réorientation, soit vers des filières courtes, soit vers d'autres filières de l'université, après un échange avec l'étudiant.