Depuis son arrivée à la tête du ministère de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, jeune énarque jamais passée sur les bancs de la fac, a lancé un train de mesures pour la plupart déjà mises en place en Europe, comme l'autonomie. Qu'il s'agisse de combler le retard des universités françaises en matière d'accompagnement pédagogique ou de création de campus, les 1,4 million d'étudiants qui effectuent leur rentrée vont sentir « le grand mouvement qui anime notre système universitaire », dixit Jean-Pierre Finance, le président de la Conférence des présidents d'université. A des degrés divers tout de même : le plan licence devient réalité en cette rentrée, mais les modifications plus profondes liées à la loi libertés et responsabilités des universités (LRU) ne devraient se sentir que dans les années à venir. Le processus est jugé « irréversible » par les spécialistes. Certains s'inquiètent déjà des dérives possibles.
Selon un récent rapport de l'OCDE, face à l'augmentation du nombre d'étudiants inscrits, trois politiques ont été menées : les gouvernements nordiques ont massivement investi, d'autres comme les Etats-Unis ou le Japon ont fait payer plus les étudiants tout en offrant des aides aux plus défavorisés, enfin certains, dont la France, n'avaient rien fait. Il était donc temps de repenser l'université. L. de C.