C'est beau, la science. Une PME d'Angers (Maine-et-Loire) présente aujourd'hui à Saint-Julien-de-Concelles, dans le vignoble nantais, son « projet Saponine ». Intégrés à la nourriture des vaches et des porcs d'élevage, ces actifs peuvent diminuer de 10 à 15 % la quantité de gaz à effet de serre (GES) rejetée par les troupeaux. « Une vache laitière produit la même quantité de GES qu'une voiture effectuant 23 000 km par an », explique Pierre Chicoteau, gérant de Nor Feed Sud (six salariés). « Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les pets, mais bien les rots qui causent le plus de dommages à l'atmosphère », précise par ailleurs le chercheur.
Des saponines sont déjà utilisées dans les aliments pour chiens ou chats, afin de réduire l'odeur de leurs excréments. Reste que les plantes riches en saponines actuellement utilisées sont importées de zones arides du globe. Nor Feed Sud espère donc trouver à terme « de une à trois » plantes à saponine cultivables dans l'Hexagone.
Mis en oeuvre par cinq partenaires, ce projet très sérieux a été validé par le pôle de compétitivité Végépolys, implanté dans l'Ouest, qui ambitionne de devenir le « pôle de référence mondial du végétal spécialisé ». L'enjeu est de taille : 10 % des gaz à effet de serre français provenant de l'élevage, les saponines pourraient réduire à elles seules de 1 % les gaz à effets de serre hexagonaux. La vache.