Ce n'est pas un meeting, mais ça y ressemble. Nicolas Sarkozy organise, aujourd'hui à Toulon, une réunion publique pour évoquer sa politique économique. «Il s'agit de mettre en perspective notre politique. Il n'y aura pas forcément d'annonces, explique un proche du Président. Le moment a son importance : nous traversons une crise grave et nous sommes à la veille du premier projet de loi de finances que nous faisons avec du recul.»
La forme retenue, un discours devant 4.000 personnes sur une terre acquise à la droite, n'est pas sans rappeler les grands moments de la présidentielle 2007. C'est la troisième fois que le Président utilise la formule de la réunion publique pour présenter ses grandes orientations - il y avait eu Epinal pour la Constitution et Strasbourg pour l'Europe -, mais c'est la première fois que cela tourne autant au meeting, terme que l'Elysée réprouve. «La réunion est ouverte à tous, il y aura des élus de tous bords, assure un conseiller. Cela va lui permettre de s'exprimer à fond sur un seul dossier. Avec une interview télévisée, il aurait dû évoquer tous les autres sujets d'actualité.» Alors histoire d'aller vraiment au bout des choses, l'opposition demande désormais «un débat à l'Assemblée nationale».
Vincent Tiberj, du Cevipof (Centre d'étude sur la vie politique française), y voit également une manière pour Nicolas Sarkozy de reprendre la main : «C'est toute l'ambiguïté de la 5e République. Un président ne parvient jamais à rester dans sa position d'arbitre pour représenter l'intérêt général, ils veulent tous être à la fois capitaine et chef de parti. Le danger de vouloir retrouver l'esprit de la campagne, c'est que dans cette période, rien n'oblige à être réaliste.»