Nicolas Sarkozy s'exprime à la veille de la présentation du Budget de l'Etat 2009-2011 et de la Sécu, textes décisifs pour l'action politique. Or depuis quelques semaines, les fuites contradictoires sur leurs contenus vont bon train, déboussolant l'UMP, les partenaires sociaux, les associations, les consommateurs et les contribuables. Si le Président affirme que la crise « n'est pas une raison pour arrêter les réformes, mais au contraire pour aller plus loin », il devrait expliquer comment ce soir. Décryptage des enjeux.
· Le déficit Si la croissance culmine à 1 % en 2008, 2 % en 2009 devient irréaliste. Impossible alors de contenir le déficit, comme promis à Bruxelles, sauf à réduire les dépenses.
· L'environnement Au vu de la conjoncture, le Président a renvoyé la « croissance verte » (bonus-malus automobile étendu à une vingtaine de produits, taxe « pique-nique » sur les produits jetables, etc.) aux calendes grecques.
· La fiscalité Taxes sur le poisson, les opérateurs mobiles, les mutuelles, l'intéressement et la participation, prime transport, financement du revenu de solidarité active (RSA) par une taxe de 1,1 % sur les revenus du patrimoine : les prélèvements se multiplient pour renflouer « les caisses vides ». Au grand dam du Medef, même si Sarkozy tarde à assortir les réductions de charges (30 milliards d'euros par an) de conditions.
· Les inégalités L'UMP n'a pas apprécié la taxe RSA et entend plafonner les avantages (« niches fiscales ») pour les plus riches. Enfin les heures sup défiscalisées, le bouclier fiscal et autres cadeaux du paquet fiscal ont déjà coûté plus de 5 milliards d'euros, pour une efficacité contestée.