« Le matin, avant d'aller en classe, Gwendal a des maux de ventre pas possible. Il est pâle, il ne peut physiquement pas aller à l'école », raconte cette mère de famille nantaise. Son dernier fils a 13 ans et souffre de phobie scolaire. « Il est en quatrième, et il est en train de décrocher. »
Hier, a eu lieu la première Journée nationale du refus de l'échec scolaire. Chaque année, 150 000 jeunes sortent du système sans diplôme. Selon un sondage de l'association organisatrice de l'événement, l'Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville), 42 % des 6-15 ans interrogés ont mal au ventre en partant à l'école. « L'école est aussi stressante que l'entreprise, s'insurge Gisèle George, pédopsychiatre. A force de contrôles, de notes, de main qu'il faut lever en premier en classe, ils abandonnent. Les notes chutent, ils tombent malades, ils sont malheureux. Pourtant ce ne sont pas des gamins idiots ! » Ce serait même plutôt des perfectionnistes, plus ambitieux que d'autres. Justement, Gwendal, petit dernier d'une fratrie brillante, veut être chirurgien.
Un autre professionnel confronté à ces élèves malades évoque même « la peur d'apprendre » : « Certains, pas assez stimulés petits ou à qui on n'a jamais dit non, se dérèglent dès qu'ils doivent chercher, douter, comme pour apprendre à lire, par exemple », constate Serge Boimare, pédopsychologue. Si l'école n'est pas toujours responsable de cette situation d'échec, « elle ne propose rien de différent à ces enfants ».