John McCain aime les coups de pokers. Le choix de Sarah Palin fut payant –au moins au début. Celui de suspendre sa campagne et d’appeler à repousser le débat présidentiel de vendredi -si un accord n'est pas trouvé sur le plan, de sauvetage-, risqué.
«Je ne sais pas quoi en penser, c’est du génie ou un suicide», écrit un rédacteur du blog conservateur Red State. Génie car McCain peut réussir à se poser comme le vrai candidat au-dessus des partis, qui met sa campagne en pause, suspend ses pubs pour se consacrer au pays et pas à sa campagne. Suicide car vu la tension dans les négociations actuelles au Congrès, une injection d’agenda présidentiel dans les débats peut compliquer la donne, comme l’a soulevé Harry Reid, le chef des démocrates au Sénat.
«Coup politique pur et simple»
Obama, lui, n’a rien à gagner à un report du débat. La crise financière lui a clairement permis de rebondir dans les sondages, et une pause pourrait mettre un coup d’arrêt à son momentum. Selon lui «le débat de vendredi est plus important que jamais. Les citoyens ont besoin d’entendre ce que nous comptons faire».
En revanche, il ne compte pas laisser à McCain le rôle du champion bipartisan. En conférence de presse, il a rappelé que c’est d’abord lui (sur suggestion d’un sénateur républicain ami), qui a parlé à McCain de rédiger une déclaration commune sur le plan de sauvetage. Et il s’est dit «un peu surpris» d’avoir vu McCain à la télé, car il avait compris «que le texte serait publié d’abord». Il parle d’un «problème de communication».
Garry South, un stratège démocrate qui commente régulièrement la campagne pour 20minutes.fr, est beaucoup moins diplomate sur la chronologie des événements. Selon lui, «l’effet Palin ne joue plus, la crise financière handicape McCain. Il s’agit d’un coup politique, pur et simple. Mais quoi qu'en dise McCain, le débat doit avoir lieu. Il ne reste que 41 jours».