Michael Moore et l'armée des feignasses

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Publié le 24 septembre 2008.

DOCUMENTAIRE - On a vu «Slackers Uprising», disponible gratuitement sur Internet aux Etats-Unis...

De notre correpondant à Los Angeles usa2008

«C’est l’histoire de la tentative ratée d’un réalisateur  pour changer les choses.» Sur fond de musique militaire, le dernier documentaire de Michael Moore annonce direct la couleur: l’histoire se termine mal. Enfin, de son point de vue.

 

Depuis mardi, «Slackers Uprising» (Le soulèvement des feignasses), consacré à la présidentielle de 2004, est donc disponible gratuitement sur Internet… à condition d’habiter aux Etats-Unis ou au Canada. Ça se regarde en streaming ici, ça se télécharge où s’achète (10$) en DVD, et Michael Moore «ne veut pas en voir un cents». Pour le réalisateur de «Fahrenheit 9/11», il s’agit «d’un cadeau aux fans», et il encourage tout le monde à organiser des projections, en famille en famille ou à l’école, afin que cette fois-ci, un démocrate soit à la Maison Blanche.

 

Si les sorties gratuites deviennent plus courantes dans la musique (les derniers Radiohead ou Nine Inch Nails, notamment), c’est plus rare pour les films –il y a bien eu l’expérience Automne, sur Google vidéo, mais bon).

 

Slips propres et nouilles chinoises

 

«Slackers Uprising», c’est donc une sorte de carnet de route des 40 derniers jours de l’élection de 2004. Un roadtrip de 20 Etats et 62 villes, lors duquel le réalisateur a tenté de mobiliser la jeunesse et tous ceux qui ne votent pas. Ça commence à Elk Rapid, Michigan (1721 habitants) et se termine à Tallahassee, en Floride.

 

C’est un mélange de Michael Moore qui harangue les foules, de volontaires qui disent leur «honte de Bush», de témoignages de républicains évidemment très religieux et très patriotes et d’extraits de journaux télé. Le tout enrobé de quelques intermèdes musicaux d’artistes engagés, notamment d’Eddie Vedder (du groupe Pearl Jam) ou Tom Morello (Rage against the Machine).

 

C’est parfois drôle (l’affaire des républicains poursuivant Moore pour corruption car il distribue aux slackers des slips propres et des nouilles chinoises en échange d’une promesse signée d’aller voter, ou encore les parodies des spots anti John Kerry). Parfois aussi, Moore en fait des caisses dans le pathos (témoignage en larmes de la mère qui a perdu son fils en Irak). Au final, «Slackers Uprising» se traîne surtout un aspect un peu bricolage. Heureusement, c’est gratuit.

Philippe Berry, à Los Angeles
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