Une avocate jugée pour une fellation sur son client

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Publié le 24 septembre 2008.

JUSTICE – Un gardien dit l’avoir surpris en train de réconforter son client embastillé...

Cette avocate travaillait à fond ses dossiers. Appartenant au barreau de Nancy, elle a comparu ce mardi à Epinal pour s’être dévouée corps et âme à un détenu dans un parloir de la maison d'arrêt d'Ecrouves (Meurthe-et-Moselle) en octobre 2007.

Alors que les deux personnes étaient censées converser au parloir, un gardien a affirmé à la barre avoir surpris la pénaliste de 57 ans, assise face à son client de 25 ans, qui avait le pantalon baissé. Et l’avocate était selon lui en train de partager sa maîtrise de l’oralité héritée de tant d’années de plaidoiries. «Au bout d'un moment, je n'ai plus entendu de bruit. Je me suis aperçu que l'avocate était en train de pratiquer une fellation. Quand elle m'a vu, elle a reculé vivement. Elle avait l'air gênée», a-t-il raconté.

«Quelqu’un d’entier»

Les deux partenaires présumés, poursuivis pour exhibition sexuelle, ont nié fermement. «Il ne s'est rien passé», a grondé le détenu, rouge comme une pivoine. Ce dur, condamné à 16 ans de prison pour vol avec violences ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, a fondu sous les assauts de sa protectrice.

«Je conteste formellement les faits», a ajouté l'avocate. «J'entends ce genre d'insultes depuis trente ans», a-t-elle déplorée. Et notamment parce qu'elle fait partie de l'OIP (Observatoire International des prisons), qui défend les droits des détenus. «Quand je dois voir un client, c'est dans ce cagibi d'un mètre carré, toutes mes conversations sont enregistrées. Ce que l'on veut, c'est me faire quitter la prison d'Ecrouves.»

«Le seul témoignage du surveillant suffit-il pour faire condamner ma cliente?», martèle l’avocat de la pénaliste, Me Alain Begel. «Pourquoi un surveillant, après cette affaire, ne viendrait pas dire que ma cliente a apporté une puce de portable à un détenu? Ou de la drogue?» Défenseur acharné de sa consoeur, le bâtonnier de Nancy l’a présentée comme «quelqu’un d’entier».

«Garder leur robe propre»

Toutes ces dénégations n’ont pas déstabilisé le procureur d’Epinal Bertrand Marchal, qui estime le témoignage du gardien fiable et a eu cette inspiration: «Les gens de robe doivent garder leur robe propre».

Il a requis un mois d'emprisonnement avec sursis, 3.000 euros d'amende et trois mois d'interdiction d'exercer à l'encontre de l'avocate, et un mois ferme pour le détenu. Délibéré le 28 octobre.
M. Gr.
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