MUSIQUE - Le groupe de Brooklyn sort son troisième album ce mardi. L'occasion pour eux de prouver qu'un septennat de TV on the Radio ne demande qu'à être reconduit...
TV on the Radio sort ce mardi son troisième album, «Dear Science». Le groupe, fondé en 2001 par Dave Sitek et Tunde Adebimpe, est au départ un délire dadaïste. Ce n’est qu’ensuite que les deux acolytes en font une expérience musicale. Rejoints par d’autres comparses, ils sortent en 2004 un premier album, «Desperate Youth, Blood Thirsty Babes», salué par la critique. Depuis, on n’a cessé de s’abreuver de leurs chansons. Pourquoi?
Parce que, même si le ton de leur chanson est sombre, c’est un groupe de boute-en-train
Tunde Adebimpe a notamment participé à la réalisation des «Celebrity DeathMatch», un cartoon en pâte à modeler hilarant diffusé sur MTV.
Parce que leur deuxième album était brillant
Normalement, après un premier album réussi, les groupes sont attendus au tournant pour la suite. Or le virage est bien pris avec le deuxième opus, «Return to the Cookie Mountain». Pour un album décrit par le guitariste Sitek comme «apocalyptique et réalisé dans une atmosphère de post 11-septembre», c’était une gageure.
Parce qu’ils savent être patients
TV on the Radio jouent les élèves studieux. Au lieu de matraquer les fans avec des albums tous les six mois, le groupe prend son temps. Deux ans entre chaque album, le temps de faire monter la sauce, d’exacerber la curiosité. On est encore loin du rythme de Terrence Malick, un réalisateur qui met souvent une dizaine d’années à réaliser un film, mais comme le cinéaste, TV on the Radio n’est pas pressé.
Parce que David Bowie...
Bowie a dit, il y a quelques années, que les groupes qu’il appréciait vraiment étaient Arcade Fire et…TV on the Radio. Mais il a réservé son plus beau compliment aux seconds: «Ils ont quelque chose qui ressemble à la poésie américaine. Surtout à la poésie beatnik.» Beau parrainage. Bowie a même donné de sa personne en participant à la chanson «Province».
Parce qu’ils sont bien notés
Le site Pitchforkmedia.com, bible des auditeurs américains accros à la musique indé, a donné à leur album une note de 9.2/10. C’est beaucoup.
Parce qu’il n’y a pas de virgule dans le titre du troisième album
Un temps revendiquée par les attachés de presse du groupe, la virgule à la fin de «Dear Science» a disparu. C’est plus clair et ça facilite les recherches sur iTunes. Parce que Dave Sitek est aux manettes
David Andrew Sitek est la plaque tournante du groupe. Un touche-à-tout polyvalent.
Le guitariste a multiplié les collaborations, notamment avec Yeah Yeah Yeahs et Liars. Auteur de nombreux remixes (pour Beck, The Knife ou Nine Inch Nails), Dave Sitek est aussi un producteur reconnu. Le premier album de l’actrice Scarlett Johansson en sait quelque chose. Il parraine aussi la scène émergente de Brooklyn en produisant les premiers pas de groupes montants comme Telepathe, duo à l’électronique planante et sordide ou Dragons of Zynth, deux jumeaux à la soul atypique.
Parce que Golden Age, le single issu de «Dear Science», met déjà l’eau à la bouche
La preuve ici:
Parce qu’ils sont politiquement engagés mais ne le hurlent pas sur tous les toits
«Dry Drunk Emperor», chanson écrite après l’ouragan Katrina, critique sévèrement l’administration Bush. Mais c’est l’une des rares preuves de leur orientation politique.
Parce qu’ils ont remis des pratiques désuètes au goût du jour
Ce sont de grands défenseurs du chant a capella. Ce qui peut faire penser, en cherchant bien, à chants grégoriens. Mais en fait, c’est mieux.
Autant de raisons qui font de TV on the Radio, le groupe à aimer du moment.
Alexis Ferenczi
En concert à Paris le 1er Décembre 2008 au Bataclan.
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