HANDBALL - Un mois après leur titre à Pékin, les champions olympique ont renoué avec le quotidien du championnat...
Entre le gymnase Peyrolles d’Aurillac et le palais national omnisport de Pékin, les similitudes sont rares. Hormis la taille des cages et la superficie du terrain, la salle champêtre du club auvergnat n’a rien du gigantisme des derniers JO. Depuis la reprise du championnat de D1, huit des champions olympiques sont retombés sur terre en renouant avec leur quotidien de handballeur professionnel. Un mois jour pour jour après avoir terrassé l’Islande en finale des Jeux, ils arpentent les salles françaises dans un relatif anonymat et s’apprêtent à disputer,
mercredi, la 3e journée du championnat de France de D1.
A leur retour en France, tous les «Experts» ont reçu un accueil à la hauteur de leur exploit. De Chambéry à Montpellier en passant par Toulouse, ils n’avaient jamais été aussi nombreux à saluer des joueurs de handball. Lors de la première journée, ils étaient plus de 5.000 dans la salle du promu nantais pour accueillir Daouda Karaboué, Cédric Burdet et Joël Abati, les trois médaillés de Montpellier, en l’absence de Michael Guigou, blessé.
«Tout est moins grandiose»
Avec deux victoires en deux matchs et une première place au classement du championnat, les champions de France n’ont d’ailleurs pas brisé l’élan victorieux des Jeux, mais «il est difficile de repartir», note Cédric Burdet. «Tout est un peu moins grandiose. Il faut tourner cette page des JO. Et c’est forcément pas facile. Après, il n’y pas de passe droits, pas de privilèges parce qu’on est champions olympiques. Ça ne nous donne pas plus de pouvoirs ou de libertés.»
Pour Christophe Kempe, la casquette de champion olympique est même difficile à assumer. Lors de son retour aux affaires, le pivot toulousain avoue être passé à côté de son sujet: «La défaite contre Sélestat m’a vraiment fait descendre de mon nuage. Je me suis mis un peu trop de pression parce que je savais que pour ma première à domicile, j’étais très attendu. A vouloir trop bien faire, j’ai fait mal.»
Pour l’animateur en chef des Bleus à Pékin, le temps des accolades ministérielles et des bouteilles à sabrer est donc oublié.
Loin des 18.000 spectateurs de Pékin
Même refrain pour le nouvel entraîneur du Paris-Handball, Olivier Girault, qui se remet doucement d’un derby perdu face à Tremblay-en-France le week-end dernier. Loin des 18.000 spectateurs du palais des sports pékinois, il ne devrait pas en croiser plus d’un millier, mercredi à Sélestat. «Voilà, c’est notre quotidien, poursuit Kempe. On y est habitué. C’est ce qui nous fait vivre et on doit s’y replonger. Il ne faut pas être surpris d’aller jouer en amical à Bagnères-de-Bigorre, dans la salle de Tremblay ou de recevoir Aurillac.» Il n’y a pas de doute, la page des JO est bel et bien tournée.
Romain Scotto (avec D.Ph)