SOCIETE - Ils dénoncent la mise à pied de deux de leurs collègues à la suite du meurtre le 10 septembre d'un détenu en cellule...
Alors que la ministre de la justice reçoit ce mardi l’ensemble des directeurs des quelque 200 prisons françaises sur la question des détenus à risque, une soixantaine de surveillants manifestent depuis 7h ce mardi matin devant
la prison de Rouen. Ils dénoncent la mise à pied de deux de leurs collègues à la suite du
meurtre le 10 septembre d'un détenu en cellule.
«Bouc-émissaires»
La mère de la victime, Idir Touati, 26 ans, est également présente à leurs côtés avec des photos de son fils et une banderole sur laquelle on peut lire: «Mon fils, victime des conditions carcérales en France.» Ce dernier, tué avec des bris de miroirs, était incarcéré pour un délit routier. Son meurtier avait été placé dans sa cellule car il ne devait pas rester seul après une tentative de suicide.
Selon
le «Parisien», les deux surveillants ont été sanctionnés pour avoir transmis trop tard la lettre de la victime. Elle demandait de changer de cellule, alertée par les comportements «bizarres» de son codétenu. Mais pour la CGT,
rapporte le quotidien, les surveillants sont des «bouc-émissaires».
Veiller aux détenus à risques
Jeudi dernier, Rachida Dati en visite à la maison d'arrêt de Rouen, avait communiqué une série d'instructions aux directeurs interrégionaux des services pénitentiaires et aux chefs d'établissement. Elle leur demandait de veiller particulièrement au traitement des détenus à risques. Ce mardi après-midi, la ministre «veut leur présenter ses dernières instructions», a précisé son porte-parole, Guillaume Didier.
Dorénavant, «la décision d'affectation (du détenu) dans un quartier particulier ou une cellule déterminée, relève de la seule compétence du chef d'établissement», qui doit pouvoir la décider «même en cas de contre indication médicale». «Dès qu'une personne détenue exprime le souhait de changer de cellule, cette demande, qu'elle soit formalisée par un écrit ou non, doit être prise en compte dans les plus brefs délais», précise le texte.
V.Z avec agence