Comme on s'y attendait, le nouveau fonctionnement de la démocratie locale a donné lieu à un débat animé hier dans l'Hémicycle de la ville. Eric Schultz, conseiller municipal délégué et coprésident du groupe des élus Verts en charge du projet, a présenté ce dernier comme « un point d'équilibre, entre participation et représentation, entre consultation et délibération, et peut être même, assumons-le, entre utopie et réalité ». La centriste Anne Schumann n'est pas du tout de cet avis. Elle n'a pas mâché ses mots à l'égard des dix nouveaux conseils de quartier voulus par l'équipe du maire socialiste Roland Ries, qui correspondent désormais au nombre de cantons de Strasbourg. Pour elle, cette organisation en rapport avec un découpage administratif ne saurait prendre en compte les réalités historiques des quartiers de la ville.
Quant au tirage au sort des citoyens qui y siégeront, il s'apparente selon elle « à une machine de guerre électorale » pouvant être qualifiée de « Bonapartiste puisque l'Empereur choisissait ainsi les membres de son armée ». Sans aller jusqu'à un tel parallèle historique, Robert Grossmann (UMP), président du Groupe des démocrates pour le progrès s'interroge lui aussi : « Pourquoi pas aussi, tant que l'on y est, tirer au sort les élus de la ville. Tout cela est antidémocratique et démagogique. Certes le sujet est complexe, mais on aboutit ici à un système archaïque. » Critiquant l'absence de lisibilité pour le citoyen de ce nouveau mode de fonctionnement, Robert Grossmann appelle le maire Roland Ries « à revoir (sa) copie ».