Hier, 12 h 24, une légère lueur verdâtre éclaire le Christ de la chaire de la cathédrale. « Je suis heureux de voir ça, lâche un visiteur. Même si, en raison du mauvais temps, la lumière est moins importante qu'habituellement. » Le rayon vert a encore frappé. Il est visible uniquement lors des équinoxes, ainsi que durant six jours avant l'automne et les six jours suivant le printemps. « Je l'ai découvert en 1972, alors que je cherchais l'équivalent strasbourgeois du rayon blanc qui traverse la cathédrale de Chartres pendant le solstice d'été », explique Maurice Rosart. Depuis, l'ingénieur géomètre à la retraite ne tarit pas d'explications sur le phénomène. « En 1876, des ouvriers ont voulu faire un clin d'oeil aux anciens et ont fabriqué exprès un vitrail permettant à la lumière de se diffuser. » La preuve selon lui, la figure de Juda représentée sur le panneau vitré « fixe un symbole solaire tout en indiquant de l'index son pied d'où provient le rayon ». Certes, mais pourquoi n'est-il visible alors qu'aux équinoxes ? « Les gens qui ont créé le vitrail l'ont certainement fait pour que l'on s'interroge », répond Maurice Rosart. « Chacun est libre de faire sa propre interprétation, estime de son côté Patrick Fuchs, intendant de la cathédrale. Mais selon moi, le phénomène n'est que le fruit d'un heureux hasard. » Une vision partagée par l'Eglise, qui considère que le rayon vert est né du remplacement d'un vitrail par un morceau de verre teinté de vert.