Front contre front. François Fillon et les parlementaires de l'opposition se sont vivement opposés hier à l'Assemblée. Le Premier ministre s'est efforcé de justifier le maintien des troupes françaises en Afghanistan, en pleine polémique sur l'embuscade dans laquelle ont péri dix soldats français en août. Reste que le maintien a été approuvé à une large majorité par les députés, puis, dans la foulée, par les sénateurs.
Dans son discours, le Premier ministre a dénoncé « le mensonge et la désinformation », après la diffusion d'un document attribué à l'Otan sur l'attaque du 18 août, faisant état d'un sous-équipement français. Mais il a affirmé qu'il tirait les « enseignements » du drame et annoncé le renforcement « dans quelques semaines » des moyens engagés, avec des hélicoptères, des drones ou des systèmes d'écoute supplémentaires.
Offensif, François Fillon s'en est aussi pris aux députés de gauche, opposés au maintien. « Nos soldats français font bien plus que les donneurs de leçons » pour défendre les valeurs universelles en jeu, a-t-il assuré.
Le leader des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a admis que la France ne pouvait pas « se désengager soudainement » d'Afghanistan, puisque ses soldats sont « placés sous mandat de l'ONU ». Mais, a-t-il poursuivi pour justifier son vote, le PS « n'accepte plus les dérives, la logique purement militaire et ses échecs ». Bientôt, a prédit Jean-Marc Ayrault, les Occidentaux « devront se replier » non pas à cause des talibans », mais sous la pression de « leurs opinions publiques ».