Le fameux « axe majoritaire », dont rêvait François Hollande, ne verra pas le jour. Ce soir, le « Conseil national de synthèse » du PS doit recenser les futures motions en concurrence pour le congrès de Reims en novembre, où le parti doit trouver un successeur au premier secrétaire, François Hollande. Mais les socialistes sont plus éclatés que jamais.
Mis à part une aile gauche qui semble plus cohérente que les autres, autour de Benoît Hamon, la majorité sortante du parti devrait se diviser en trois blocs. Un bloc autour de Ségolène Royal, rejointe par les « barons » locaux, grands élus de La ligne claire, comme Gérard Collomb, maire de Lyon. Un bloc réunissant Bertrand Delanoë et François Hollande, renforcé par le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. Enfin, le bloc des ennemis d'hier et amis d'aujourd'hui, rassemblant Martine Aubry, Laurent Fabius, une partie des strauss-kahniens, et même Arnaud Montebourg, dont l'adhésion a été obtenue à l'arraché. Grand perdant de ce Meccano politique, Pierre Moscovici, lâché par ses soutiens.
Reste qu'aucun de ces leaders ne peut réunir seul une majorité incontestable à Reims. Delanoë a pour lui les cadres et les élus du PS, Royal est populaire auprès des militants, et Aubry grimpe dans les sondages. Certains, comme Montebourg, craignent déjà « un congrès inquiétant » dans deux mois, ou une « situation de blocage », dixit Julien Dray. Fin août, à La Rochelle, Guillaume Bachelay, proche de Laurent Fabius, conseillait déjà de distribuer à Reims « un GPS pour s'y retrouver, et un sac à vomi parce que ça va tanguer ».
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