Jean-Jacques Prompsy
Rapporteur du groupe de travail consacré aux prisons.
Votre rapport veut « rendre la prison enfin utile ». Ce n'est pas le cas ?
Ce n'est pas le cas pour les courtes peines en maison d'arrêt qui recoupent tous les problèmes (surpopulation, mélange des condamnés et des prévenus, récidive...). Près de 20 000 personnes sont condamnées chaque année à des peines de moins d'un an. Souvent, il s'agit de jeunes délinquants qui passent quelques mois en cellule avec deux, trois ou quatre autres détenus, sans occupation ni perspective. C'est ça l'école du crime et de la récidive.
Pourquoi ce problème est-il récurrent ?
La prison est censée neutraliser, punir, dissuader et réinsérer. Les trois premiers objectifs sont souvent remplis, le dernier pratiquement jamais. Or, une prison qui ne réinsère pas est une prison inutile pour les détenus, mais aussi pour la société.
Que faire ?
Il faut changer notre culture. Aux politiques d'être courageux et d'expliquer à l'opinion publique que plus de détenus ne signifie pas forcément plus de sécurité. Si on ne s'occupe pas de ces prisonniers, on obtient au final davantage d'insécurité quand ils sortent.
Le gouvernement est-il sur la même ligne ?
Avec la loi sur les peines planchers, la garde des Sceaux, Rachida Dati, a commencé par remplir les prisons. Maintenant, avec celle sur les aménagements de peine, elle s'occupe de les vider. On avance.