Armstrong-Contador, l'alliance impossible
10 commentairesPublié le 22 septembre 2008.
Lance Armstrong (US Postal/USA) pendant le TDF 2004 lors de la 16e étape, entre Bourg d'Oisans et L'Alpe d'Huez, le 21 juillet 2004 Joël Saget AFP/Archives
CYCLISME - L'équipe Astana est-elle assez solide pour accueillir ces deux champions...
D’abord, il y a eu l’annonce de son retour. Et puis, dans le sillage de cette déflagration, il y a eu les mille et une rumeurs: Armstrong courrait gratuitement, il aurait refusé une offre de la nouvelle équipe en date de Katyusha, Floyd Landis et Ulrich pourraient eux aussi annoncer leur retour.... «Vous ne pouvez pas imaginer le nombres de choses qu’on a pu entendre sur la Vuelta», confirme Alain Deloeil, le directeur sportif adjoint de l’équipe Cofidis. La dernière rumeur évoque le fait qu’Armstrong aurait l’ambition de racheter le Tour de France avec le vice-président de l’UCI, Hein Verbruggen.Une guerre intestine chez Astana
Lance Armstrong devrait lever une partie des interrogations des observateurs le 24 septembre lors d’une conférence de presse annoncée depuis longtemps. Le Texan, 7 fois vainqueur du Tour, devrait notamment révéler le nom de la formation qu’il a choisie. Tout le monde s’attend à ce que l’ancien Boss ait choisi l’équipe Astana et son aréopage de champions, au premier rang desquels on compte le meilleur cycliste du moment Alberto Contador, vainqueur dimanche du Tour d’Espagne et auteur en deux ans du triplé Giro-Tour de France-Vuelta. Ces deux champions peuvent-ils collaborer? «C’est strictement impossible, assène Alain Deloeil. Les dirigeants de l’équipe seront forcément obligés de nommer un leader pour éviter une guerre intestine. Je ne vois pas comment un jeune aussi talentueux que Contador qui est encore au début de sa carrière pourrait accepter de s’effacer devant un revenant comme Armstrong.»
Contador, un patron
Sur la Vuelta, Alberto Contador a démontré encore une fois des qualités de leaders en dominant son coéquipier américain Levi Lepheimer, qui s’est effacé. «C’est un coureur intelligent et très complet, confirme Vincent Lavenu, le directeur sportif de chez AG2R. Il a gagné sans faire de gros écarts et il a la classe. Il n’a pas le caractère d’Armstrong, mais je les vois très mal cohabiter en semble.»
Sur le terrain, il n’est pas non plus avéré qu’Armstrong puisse rivaliser avec le nouveau roi du cyclisme et s’imposer au sein de l’équipe à la force du mollet, comme l’a par exemple fait Carlos Sastre chez les CSC pendant le Tour de France. «Tout dépend de la façon dont il a vécu ses trois années d’arrêt. C’est un immense champion, mais c’est un défi vraiment hors norme», analyse Lavenu. «C’est sûr, il a fait 2e d’une course de VTT. Mais de là à revenir et battre Contador, il y a un grand pas», conclut, sceptique, Deloeil. L’année cycliste 2009 promet en tout cas d’être riche.
M. Go.
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