Près de 300 salariés d'Airbus ont manifesté vendredi matin devant le centre de livraison de Colomiers. Dans le même temps, Tom Enders, le président d'Airbus, remettait le premier A380 à la compagnie australienne Qantas.
Les salariés ont protesté, à l'appel de la CGT, contre le projet de filialisation des usines de Méaulte et de Saint-Nazaire au sein d'une nouvelle filiale d'EADS, Aérolia. Environ une centaine de salariés toulousains des bureaux d'études devraient être transférés du giron de l'avionneur vers Aérolia, dont la création avait été annoncée le 9 septembre. Jeudi dernier, quelque 200 employés avaient déjà occupé les pistes de l'aéroport, paralysant le trafic pendant une heure et demie. « La direction refuse toujours de nous recevoir alors que la mobilisation ne faiblit pas », a estimé Xavier Pétrachi, le délégué central CGT d'Airbus devant les grilles fermées du centre de livraison.
A l'intérieur, la compagnie Quantas prenait possession, avec deux ans et deux mois de retard, de son premier A380, doté de moteurs Rolls-Royce. Première compagnie à avoir commandé douze avions en 2000, puis vingt, Qantas n'a pas exclu « la possibilité de commandes supplémentaires ». De son côté, Tom Enders a maintenu les objectifs de livraisons. Cette année, sept gros-porteurs A380 ont été livrés et cinq appareils devraient l'être avant la fin de l'année pour atteindre les douze livraisons prévues. « Je suis prêt à parier que ce sera plus de onze appareils », a déclaré vendredi le président d'Airbus.