Zones médicales désertées: «Il faut des pools de médecins volants»

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Publié le 18 septembre 2008.

SANTE - Roger Rua, du syndicat des médecins libéraux, commente l'état des lieux dressé par l'Ordre des médecins...

Les médicaments génériques seront moins chers en 2009, encore faut-il avoir un médecin sous la main pour se les faire prescrire. Si vous habitez Marseille, ça ne devrait pas poser de problème. En revanche, ceux qui se trouvent en plein cœur du pays picard auront plus de mal.

L’Ordre des médecins a dévoilé jeudi son «Atlas de la démographie médicale en France», qui met de nouveau en évidence d’importantes disparités en fonction des régions.

«Rien d’extraordinaire» pour Roger Rua, secrétaire général du syndicat des médecins libéraux (SML). Contacté par 20minutes.fr, il estime que «les chiffres bruts de densité par habitant ne veulent pas dire grand-chose», mais reconnaît qu’il s’agit d’«un outil utile».

Adapter l’offre de soins aux besoins par région


Pour lutter contre le problème de la désertification médicale de certaines régions, il faut en connaître les causes. Selon Roger Rua, celles-ci «ont mal été appréhendées» et nécessiteraient «une enquête, avec un sondage psycho-comportemental» auprès des jeunes médecins.

Au-delà des statistiques, il lui semble par ailleurs plus judicieux de déterminer «la demande de soins en fonction du type de population », et notamment de son âge et des spécialités médicales dont elle a besoin.

Dans ce domaine, Roger Rua attend beaucoup de la mise en place des agences régionales de santé (ARS), qui permettront «de déterminer un numerus clausus par région et par discipline».

Des remplaçants dans les zones désertés


Mais le temps presse, et le SML propose des solutions. «Il faut mettre en place des pools de médecins volants», affirme-t-il. L’idée étant que les remplaçants soient autorisés à aller exercer temporairement dans ces zones. «Ils y trouveraient la sécurité qu’ils recherchent, avec une clientèle assurée», assure Roger Rua.

Pour éviter une éventuelle «tentation du gouvernement de réguler les installations» des médecins, comme c’est le cas pour les infirmières libérales, il invite la profession à «se prendre en main» en régulant elle-même ces remplacements en fonction des besoins.

Il réfute l’attachement des patients à un médecin référent: «La notion de médecin de famille a vécu et, dans ces zones, les gens veulent aujourd’hui une réponse médicale rapide et de proximité.»
Julien Ménielle
La médecine en France au 1er janvier 2008
La moyenne des médecins généralistes et spécialistes est de 322 pour 100.000 habitants.
Le tableau de l'Ordre comptait 210.583 professionnels en France métropolitaine, soit +1,2% par rapport à 2007.
La densité des médecins est «forte» en Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Ile-de-France et Alsace, «moyenne» en Rhône-Alpes, Lorraine, Limousin, Bretagne et Nord-Pas-de Calais, et «faible» en Basse et Haute-Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Bourgogne, Centre, Auvergne, Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire.
L'écart maximum va de 418 pour 100.000 habitants en Provence-Alpes Côte d'Azur à 259 seulement en Picardie.
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