FOOTBALL - Pour une question de représentation au sein du Conseil d'administration de la Ligue, ils pourraient mettre leur menace à exécution...
Moins d’une semaine après avoir entamé son second mandat à la tête de la LFP, Frédéric Thiriez se serait bien passé de cette menace plutôt inhabituelle. Les joueurs de Ligue1 pourraient se mettre en grève pour contester la réforme des statuts de la Ligue. L’objet du mécontentement concerne le conseil d’administration de la LFP. En clair, les présidents de clubs, qui possèdent douze sièges sur vingt-cinq, voudraient en récupérer deux supplémentaires, ce qui leur permettrait d’obtenir une majorité absolue (voir encadré).
«Une OPA sur le football français»
Cette réforme n’est donc pas du goût des autres familles du foot français qui verraient les dirigeants de clubs renforcer leur pouvoir.
Le syndicat des joueurs, l’UNFP a immédiatement publié un communiqué pour dénoncer «une OPA sur le football français» et assure qu’il appellerait à «cesser le travail» si la réforme était adoptée. Mardi, Frédéric Thiriez a écrit au secrétaire d’Etat Bernard Laporte pour solliciter son avis sur la question. La réponse est attendue avant le 13 octobre.
Alors que le syndicat des entraîneurs envisage également une grève, certains joueurs à l’image de Lionel Letizi sont déjà prêts à déserter les terrains. Répondant à «L’Equipe», le gardien de l’OGC Nice avoue que «s’il y a un problème, il n’est pas contre». Si la menace était mise à exécution, la L1 renouerait avec le souvenir de l’hiver 1972, lorsque le syndicat des joueurs avait appelé au boycott des matchs pour protester contre la modification de leur statut. Toute absence de spectacle constatée depuis sur les pelouses de Ligue1 ne peut être que fortuite.
R.S.
Composition actuelle du Conseil d'administration de la LFP
11 sièges sont réservés à des représentants de la Ligue 1 et de la Ligue 2, la plupart du temps les présidents des clubs (M. Thiriez voudrait leur en donner 2 de plus), 5 pour des membres indépendants (par exemple Michel Hidalgo, ancien sélectioneur des Bleus), 1 pour 1 représentant de la Fédération française de football, 1 pour l'UCPF (Union des clubs professionnels de football), 2 pour l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels), 2 pour l'UNECATEF (Union nationale des entraîneurs et cadres techniques professionnels du football), 1 pour 1 représentant administratif, 1 pour 1 représentant des arbitres, 1 pour 1 représentant du coprs médical).