Un «bonus-malus» pour les universités «performantes»

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Publié le 18 septembre 2008.

EDUCATION - Valérie Pécresse introduit pour de bon la culture du résultat à la fac...

Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, introduit pour de bon - et plus vite que prévu - la culture du résultat à l’université. Via un levier majeur: le financement. Comme elle l’a annoncé ce jeudi matin lors de sa conférence de presse de rentrée, les 84 universités françaises vont désormais être financées en partie en fonction de leur performance. En cela, elle reprend point par point les propositions des rapports du Sénat et de la mission d’évaluation et de contrôle (MEC) de l’Assemblée nationale qui lui ont été remis en juin dernier et qui s’inscrivaient dans le cadre d'une révision du mode actuel de financement des facs, dit «San Remo», souhaitée par l'Elysée. Le processus va se faire en trois étapes. Explications.

>> A lire, le plan «réussite en licence» sur les rails

En cette rentrée, les universités vont se partager une partie du gâteau budgétaire d’une dizaine de milliards d'euros, en fonction - c’est une première – du profil socio-économique des étudiants inscrits pédagogiquement aux formations. Cette année, les établissements «dont les étudiants sont les plus fragiles» vont donc recevoir un coup de pouce financier particulier, pour pondérer leurs difficultés.

16 établissements exemplaires

A la rentrée prochaine, une partie du gâteau – sans doute aux alentours de 10 % comme le proposait le Sénat – sera partagée en fonction cette fois de la «performance». «Nous récompenserons les universités qui ont mené des projets exemplaires au niveau du Plan Licence» a déclaré Valérie Pécresse: orientation des étudiants, renforcement de l’encadrement pédagogique, augmentation du nombre d’heures de cours, mise en place du tutorat... les universités qui colleront au plus près du cahier des charges recevront «un bonus», tandis que les autres se verront infliger «un malus». Valérie Pécresse a déjà listé 16 établissements exemplaires – Aix-Marseille 1, 2 et 3, Bordeaux 1, Dijon, Metz, Nancy 1, Paris 6 et 12, etc – et 10… qui ont grand besoin de revoir leur projet de licence sous peine de voir leur dotation sévèrement revue à la baisse.

Dernière phase, effective en 2010, l’allocation d’une partie des moyens en fonction des «résultats» des étudiants cette fois. Ce qui englobe le taux de réussite des étudiants de première année, la valeur ajoutée donnée par les étudiants au projet licence et les débouchés professionnels.

«Accentuer les inégalités entre les universités»

En somme, les universités performantes qui accompagnent leurs étudiants, les font réussir et les mènent avec succès vers l’emploi bénéficieront d’enveloppes plus importantes que leurs voisines. C’est une révolution. Ce que le candidat Sarkozy résumait en avril 2007 à 20 Minutes: «L’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas à payer s'il y a mille étudiants pour deux postes.»

De son côté, l’Unef, principal syndicat étudiant, dénonce une pratique qui «conduirait à accentuer les inégalités entre les universités».
Laure de Charette
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