L'euthanasie des singes fait rager

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Publié le 18 septembre 2008.

STRASBOURG - L'inscription a été tracée sur la départementale 31... La phrase « Ici on tue des singes », écrite durant la nuit, a été découverte hier matin, à Mittelhausbergen. Elle est accompagnée d'une flèche pointant le centre de primatologie de l'université Pasteur...

L'inscription a été tracée sur la départementale 31. La phrase «Ici on tue des singes», écrite durant la nuit, a été découverte hier matin, à Mittelhausbergen. Elle est accompagnée d'une flèche pointant le centre de primatologie de l'université Louis-Pasteur (ULP), distant d'à peine quelques centaines de mètres. C'est là que quatorze macaques de Tonkean, porteurs du virus de l'herpès B, ont été euthanasiés le 31 août. Cette décision, critiquée par certains scientifiques, semble émouvoir aussi des militants radicaux de la cause animale. C'est du moins ce que laissent entendre les gendarmes, qui n'ont pas encore identifié le ou les auteurs du tag.

Une seule certitude : le dossier est tendu. Pour preuve, hier, l'identité des personnes s'approchant des lieux, y compris la presse, était contrôlée. La direction du centre - qui a invité ses chercheurs à ne pas communiquer avec les journalistes - explique que les quatorze primates ont été euthanasiés, car «leur dangerosité était avérée, tant à l'égard des personnels et des animaux sains du centre, que de la faune». Si les transmissions du singe à l'homme sont rares - moins de 36 cas d'herpès B ont été recensés chez les humains - le virus est mortel à 80 %. Des primatologues de renom ont malgré tout regretté le recours à l'euthanasie, dans un article paru la semaine dernière dans la revue Nature. Ils affirment qu'il aurait été possible de garder les macaques en prenant d'élémentaires mesures de sécurité. Certains animaux étaient étudiés depuis vingt-cinq ans. Le président de l'ULP, Alain Beretz, assure quant à lui que «depuis cinq ans, tout a été tenté, sans succès, pour placer les animaux. Le centre ne pouvait plus se permettre de jouer avec la santé de ses employés.»
Philippe Wendling et Yaroslav Pigenet
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