Des vendanges qui donnent déjà mal à la tête aux viticulteurs. Si la qualité des raisins s'annonce au rendez-vous, la récolte 2008, démarrée en fin de semaine dernière dans le Bordelais, lundi dans le Beaujolais et en Alsace, va enregistrer des volumes en forte chute. Cette baisse devrait être de 10 à 15 % pour le rouge et de 40 à 50 % pour le blanc dans le Bordelais, et de 50 % dans le Muscadet. Le Languedoc-Roussillon sera aussi affecté. Le responsable ? Une forte gelée les 6 et 7 avril, qui a sévi « du Pays nantais à la Provence, à une période où les bourgeons sont très vulnérables », explique l'Office des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture.
Les producteurs n'avaient pas connu une telle situation depuis 1991. La baisse de production avait alors entraîné une flambée des prix. Une nouvelle hausse « serait catastrophique, avertit Bernard Farges, du Syndicat viticole des bordeaux et bordeaux supérieurs, car on risquerait de perdre des parts de marché ». Ce ne sera peut-être pas le cas de tous. « Il pourrait y avoir pénurie de vins blancs au niveau mondial. Mais le muscadet restera doté d'un bon rapport qualité-prix », estime Emmanuel Torlasco, de l'interprofession des vins de Loire. On attend aussi une récolte « faible en volume » dans le Beaujolais, due aux orages de grêle de l'été. « Des viticulteurs ont perdu jusqu'à 80 % de leur raisin », indique l'InterBeaujolais.
La Champagne, la Bourgogne et l'Alsace ont été épargnées. Pour le crémant d'Alsace, le « millésime pourrait même être exceptionnel », annonce le site www.20dalsace.com.