USA 2008 - Le journal de l'Amérique qui se cherche un président…
Le journal de l'Amérique qui se cherche un président
Jeudi 18 septembre (J - 47)
Un sondage à prendre avec des pincettes
On dit parfois que le mois de septembre est le plus laid de la campagne américaine: ça se confirme. Depuis quelques jours, plusieursjournauxaméricainsrapportent les témoignages de coups de fils d’instituts de sondage très orientés. Thème du sondage : Obama et Israël. Après avoir vérifié que leur interlocuteur est bien de confession juive, et après une série de questions générales, l’opérateur téléphonique devient plus précis: changeriez-vous d’opinion si vous saviez que Barack Obama a fréquenté une église connue pour ses remarques anti-israéliennes et anti-américaines? Que les leaders du Hamas soutiennent Barack Obama? Qu’il a fréquenté des leaders pro-palestiniens à Chicago? Et ainsi de suite…
Le vote juif est une denrée très disputée par les deux camps, particulièrement en Floride, un swing state qui comme lors des précédentes élections, devrait jouer un rôle crucial au mois de novembre. Les témoignages recueillis jusqu’ici indiquent que des sondages de ce type ont été reçus dans l’Ohio, le Michigan, en Pennsylvanie et en Floride.
Les questions portent sur des faits réels mais souvent déformés: le bulletin de Trinity church que fréquentait Obama a publié plusieurs articles favorables à la cause palestinienne; Obama a bien connu un professeur pro-palestinien à Chicago, tout en entretenant de bonnes relations avec la communauté juive de la ville; les leaders du Hamas ont changé d’avis suite à ses récentes prises de position en faveur de l’Etat hébreu devant le lobby pro-israélien américain, l’AIPAC. Selon le site Politico, le groupe à l’origine de ce sondage serait la Coalition juive républicaine, qui mène campagne en faveur de John McCain. Celle-ci s’est défendu de faire du «push polling» (méthode qui consiste à passer des coups de fil automatisés anonymes attaquant un candidat sur un point précis) et affirmé «avoir voulu savoir pourquoi les électeurs juifs ont un problème avec Obama» (ce que les spécialistes du sondage appellent du «message testing»).
Affaire à suivre…
Invité à une manifestation contre Ahmadinejad, Hillary Clinton décline l'invitation
Hillary Clinton a-t-elle eu peur de se retrouver dans une version réelle du désormais célèbre sketch de Saturday Night Live? Elle devait apparaître lors d'une manifestation contre le président iranien (qui doit s'exprimer aux Nations Unies à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU la semaine prochaine). Mais la sénatrice de New York a fait marche arrière, en apprenant que Sarah Palin serait également de la partie… Selon un de ses porte-parole, "sa présence ne nous avait pas été annoncée, et il n'a jamais été prévu que cette manifestation soit un événement partisan. Par conséquent la sénatrice a annulé", visiblement échaudée de voir son nom accolé à l'adversaire.
Une pro-Clinton pour John McCain
C'est une amie personnelle d'Hillary Clinton et l'une de ses donatrices les plus généreuses, mais elle n'a jamais pu piffrer Obama: Lynn Forester de Rothschild, citoyenne américaine installé en Grande-Bretagne après avoir fait fortune dans la communication et épouse du magnat de la banque Evelyn de Rothschild, ne mâche jamais ses mots. "Il est arrogant et suinte l'élitisme", disait-elle le mois dernier du candidat démocrate. Mercredi, elle a annoncé soutenir John McCain parce qu'il est "le candidat dont le parcours prouve qu'il est bipartisan et réformateur. Nous ne pouvons pas nous permettre un président qui manque d'expérience", a-t-elle déclaré.
Freddie Mac et Fannie Mae: John McCain nous avait prévenu (avant d'oublier)
"Il y a deux ans j'avais prévenu que la supervision de Fannie et Freddie était très mauvaise, et qu'une crise nous guettait pour cette raison", a déclaré hier John McCain. C'est vrai: en 2006, devant le Congrès, McCain avait averti ses collègues que la gestion des deux sociétés de refinancement hypothécaire laissait à désirer. Seul problème: interrogé par un journal du New Hampshire en 2007 sur la crise des subprimes, John McCain avoue "J'aimerais vous dire que je l'ai vu venir, mais il faut être franc, je ne l'ai pas anticipé." Lequel a raison?
BHL fait sa promo
Anecdotique, mais rigolo: on a failli s'étrangler en mangeant ses cornflakes matinaux en entendant s'échapper du transistor une voix familière à l'accent français à couper aux couteau.
Bon sang, c'est Bernard-Henri Lévy qui fait la promotion de la traduction anglaise de son dernier ouvrage sur la radio publique new-yorkaise. Vous avez honte de votre accent français face à vos interlocuteurs anglo-saxons? N'ayez crainte, c'est pas grave. La preuve, écoutez plutôt BHL:
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