Au sommet de la hype depuis des mois, deux groupes de jeunots sortent enfin leurs albums respectifs* en France : Metronomy et Black Kids. Passés maîtres dans l'art de faire danser sans renier leur sens du riff de guitare, ces jeunes gens très inspirés par la musique des années 1980 acceptent l'étiquette pop. « C'est même un compliment, explique Joseph Mount, leader de Metronomy. La musique pop pioche le meilleur de tous les styles. » Les Black Kids, eux, s'amusent des efforts des critiques pour définir leurs influences. « Nous faisons une musique pour amuser les gens, rigole Ali Youngblood, clavier du groupe. Mais si certains veulent se prendre la tête dessus, pas de problème, on ne fait pas de discrimination. »
Comme beaucoup de jeunes groupes, ceux-là ont été propulsés par Internet. Joseph Mount relativise : « Internet ne remplacera jamais le vrai album. Il est si facile de remplir son ordinateur de fichiers qu'on n'écoutera jamais. » Les Black Kids ne sont pas plus naïfs : « Sur le Net, on nous a déjà oubliés. Mais ce succès nous a donné la chance de sortir le disque. »
Derrière un succès fulgurant et des attitudes nonchalantes, les Black Kids ont cependant encore des complexes : « J'aimerais jouer de la guitare sur scène comme une vraie rock star, confesse Ali Youngblood. Mais je suis plus à l'aise derrière un clavier. Comme ça, les gens ne voient pas à quel point je suis nulle. » Joseph Mount, qui s'essaie au chant sur le nouvel album de Metronomy, aspire à une reconnaissance au-delà des clubs : « Quand les gens dansent, ils ne font pas attention à la musique. »