FAIT DIVERS - Mais l'enquête piétine, cinq jours après la disparition supposée du petit garçon de six ans à Issoire...
Cinq jours et toujours pas la moindre trace du petit Antoine, 6 ans et demi. Alors que les chances de le retrouver en bonne santé s'amenuisent, le procureur de Clermont-Ferrand, Jean-Yves Coquillat, a expliqué ce mardi après-midi qu'un troisième témoin avait vu l'enfant : «On a toutes les raisons de penser qu'on l'a vu jusqu'au 6 septembre au soir à Issoire.»
«Les recherches et les investigations se poursuivent chez les proches du garçon, dans tous les lieux où il est susceptible d'être allé, chez des voisins, dans les étangs, les rivières, sans pour autant qu'il y ait quoique ce soit de nouveau» a poursuivi le procureur qui ne s'attend pas, «sauf coup de chance», à «annoncer des avancées dans les prochains jours.»
Porte-à-porte
Les enquêteurs ont relancé les recherches
ce mardi: «Nous effectuons des prélèvements et des opérations de police technique au Bon Croûton», ce restaurant du centre d'Issoire (Puy-de-Dôme) où Alexandrine, la mère d'Antoine, travaille, a expliqué le lieutenant-colonel Pascal Palayer, officier de communication de la gendarmerie pour la région Auvergne. En faisant du porte-à-porte, les enquêteurs tentent de retracer son itinéraire depuis début septembre.
Le procureur n'avait été guère rassurant lundi: «Rien n'est clair dans cette affaire, et nous travaillons sur tout. L'enquête sera longue et difficile. On en est exactement au même point, les heures passent et c'est très inquiétant». Dès vendredi, alors qu’on ne parlait que de fugue, il avait avoué son anxiété.
Absent de l’école depuis plusieurs jours
Selon sa mère, Antoine a disparu le 11 septembre au soir. En revenant du restaurant où elle dînait avec son concubin, elle ne l'a pas retrouvé dans sa maison du Vieil Issoire. Mais cette version n'a pour l'instant pas été recoupée.
Un des derniers à avoir vu l’enfant est Pascal Geoffray, le directeur de l’école d’Issoire et son instituteur de CP. Antoine a effectué sa rentrée normalement le 2 septembre: «Il est arrivé avec sa maman et celui que je suppose être son compagnon. Il avait l’air heureux de découvrir cette nouvelle classe et de retrouver des camarades.»
Depuis plus rien: «J'ai appelé à son domicile les jours suivants, en vain. J'avais même prévenu l'inspecteur de l'absence d'Antoine dès le premier jour, mais sans penser au pire: les absences sont fréquentes en CP à la rentrée, car certains parents ne se rendent pas compte que leur enfant n'est plus en maternelle». Pascal Geoffray se déclare «surpris que la disparition n'ait été déclarée que jeudi» alors que selon lui «l'enfant avait disparu avant».
Une gastro-entérite mais pas de certificat médical
Selon sa mère, Antoine n’est plus retourné en classe à cause d’une gastro-entérite. Or le garçon «n'a pas vu de médecin, il n'y a pas de certificat médical», a souligné le magistrat, pour qui «rien ne corrobore» la version de la jeune femme sur ce point là.
Serveuse dans un bar d'Issoire, mais en arrêt-maladie pour une raison indéterminée, la mère d’Antoine, âgée de 23 ans, et son concubin, 29 ans, ont déjà eu maille à partir avec la justice. Ils sont connus des services de gendarmerie. En 2003, la mère avait été condamnée en correctionnelle à Clermont-Ferrand, à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis pour trafic de stupéfiants. Aucun élément n’a été livré sur le père de l’enfant.
Le couple reste en liberté pour l’instant. Les enquêteurs n’ont procédé à aucune garde à vue.
Les recherches, les perquisitions et les entretiens avec les proches du couple n’ont rien donné.
Un deuxième juge d’instruction
Symbole des tâtonnements actuels, un deuxième juge d'instruction a été nommé en renfort ce lundi pour mener l'information judiciaire pour «enlèvement et séquestration de mineur» ouverte dimanche.
Antoine mesure 1,10 m pour 19 kg. Selon sa mère, il est vêtu d'un pantalon bleu de type treillis, d'un tee-shirt blanc, d'un pull bleu clair, d'une veste marron et de chaussures Nike rouge, noir et argent.
De tempérament affirmé, le garçonnet, qui n’aimait pas le compagnon de sa mère, avait, par le passé, «déjà fait une farce à sa mère en restant une demi-journée derrière une armoire pour lui faire peur», souligne un officier.
L’hypothèse d’une fugue ou d’une partie de cache-cache devient pourtant de plus en plus désuète.
M. Gr. avec agence