RELIGION - Benoît XVI a achevé son séjour par une messe aux malades à Lourdes...
Le pape est rentré en Italie ce lundi après-midi à l'issue de sa première visite en France. Benoît XVI a achevé son séjour à Lourdes par une messe aux malades.
Si ce pape au style réservé a rencontré
un accueil chaleureux des catholiques français,
son discours sur la laïcité et ses positions conservatrices ont été sujets à controverse. Mais c'est avant tout Nicolas Sarkozy qui s'est attiré les foudres de l'opposition et d'une partie de la droite en récidivant avec son concept de «laïcité positive», défendu dès décembre 2007.
«C'est le discours de Nicolas Sarkozy qui remet en cause ce qu'est la laïcité»
«Ce n'est pas le discours du pape ni la venue du pape, c'est le discours de Nicolas Sarkozy qui remet en cause ce qu'est la laïcité, la capacité qu'on a tous à vivre ensemble quelle que soit la conscience de chacun», a déclaré Stéphane Le Foll, le directeur de cabinet de François Hollande ce lundi.
«Il n'y a pas de laïcité positive ou négative, il y a la laïcité, c'est un principe républicain», avait déclaré le patron du PS la veille. Même à droite, le principe d'une laïcité à la française est fermement défendu par certains. Il s'agit d'«une valeur absolue» pour le chiraquien François Baroin. «Je suis contre le mélange des genres entre l'Etat et la religion», déclare pour sa part le très pratiquant François Bayrou, leader du MoDem.
«Une douche froide» pour les évêques
Du côté de l'Eglise, c'est l'attitude du pape à l'égard des évêques de France qui aura davantage retenu l'attention. Devant eux, il a passé en revue les difficultés de l'Eglise de France, qu'il a appelée à tenir bon, en conservant une position sans concession sur la famille, en particulier les divorcés remariés, et défendant sa décision de libéraliser la messe en latin.
«Cette intervention sévère aux évêques a fait l'effet d'une douche froide», a souligné Ignazio Ingrao, vaticaniste italien à l'hebdomadaire «Panorama», qui a estimé qu'elle aurait un impact au-delà de l'Eglise de France.
Julien Dray, porte-parole du PS, a affirmé ce lundi que le pape avait tenu un «discours intégriste» -avant de se corriger et de parler de discours «traditionnaliste»-, «qui ferme toutes les évolutions qui sont en cours dans l'Eglise». Pour Mgr André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, cette visite a été au contraire «un moment de prise de conscience d'un certain nombres de thèmes, d'objectifs et de réflexions sur le statut de la vie chrétienne dans la société contemporaine».
Débat: Et vous? Qu'avez-vous pensé de la visite du pape en France?
C.F. (avec agence)