Toujours pareils et jamais vraiment les mêmes, les albums de Julien Clerc sont des jalons lumineux de la variété française. « Je suis toujours dans la même attitude : je vais à mon piano et les musiques viennent... » Pour son nouveau disque, Où s'en vont les avions ?, le chanteur a bouleversé en douceur ses habitudes avec l'aide de Benjamin Biolay, son producteur. « Pour certains morceaux, j'adopte un groove intime, ni une rumba, ni un reggae, explique Julien Clerc. Pour ça, le plus grand pianiste du monde ne jouerait pas mieux que moi. Pour le reste, je n'ai jamais été un grand pianiste. J'ai donc été surpris quand Benjamin m'a demandé de jouer tous les morceaux au piano, même les plus difficiles. »
Ressort de cet exercice imposé un album homogène et cohérent, de la ballade lugubre, Forcément, à la chansonnette La Jupe en laine. Une cohérence qui est la marque de fabrique de Julien Clerc, après quarante ans de carrière : « Ça vient un peu de ma voix je suppose... Et puis aussi d'une façon libre et ludique de faire de la musique. » Le chanteur est cependant loin de ne travailler qu'à l'instinct. « Il faut une dramaturgie dans un album. » Sur celui-ci, les titres les plus enjoués retiennent l'attention, même si les fans de la première heure trouveront leur compte de mélodies mélancoliques. « Sur un album, quand il y a deux ou trois chansons qui restent dans la mémoire des gens, on peut estimer que c'est un succès. »