Entre les pièces d'avion, les meubles ou encore les chevaux, la plate-forme Toulouse-Blagnac a confirmé en 2007 sa place de premier aéroport de fret de province. L'étude biennale dévoilée mercredi par la direction indique que les flux ont augmenté de 19 % en 2007, portant le volume des marchandises en transit à plus de 78 000 t. « C'est bon signe pour l'économie toulousaine », se réjouit Jean-Michel Vernhes, le directeur de l'aéroport. Mais il sait le sujet sensible. Car qui dit fret dit vols de nuit et riverains en colère. « Nous avons progressé, assure-t-il, en nous limitant à sept mouvements d'avions de fret en moyenne entre minuit et 6 h. » « Le trafic s'est reporté entre 22 h et minuit, au moment où on est censé s'endormir », rétorque Chantal Demander, la présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine (CCNAAT).
La préfecture a par ailleurs officiellement demandé à l'aéroport de remédier à ces nuisances. « Nous rendrons notre étude d'ici à la fin de l'année, précise le directeur de l'aéroport. Mais il faudra bien peser les enjeux économiques. Si le fret postal de nuit est supprimé, c'est le courrier de toute une région qui sera retardé d'un jour. » Le CCNAAT espère que « cette fois, ces fameux enjeux économiques seront bien évalués à l'aune des dégâts dramatiques sur la santé des riverains ». Dans le cas contraire, « il ne restera plus qu'à porter plainte pour atteinte à la santé », annonce Chantal Demander.