L'apprentissage de la D1 est difficile. Pour leur baptême du feu dans l'élite, les Nantais n'ont pas existé face au champion de France en titre Montpellier (17-29), hier après-midi, à Beaulieu. Pour les quelque 5 000 spectateurs - nouveau record de la division -, le suspense fut de courte durée. Et pour cause : après neuf minutes, les Héraultais avaient déjà pris une avance rédhibitoire (6-0) pour le « H » complètement « inhibé » par le contexte, selon l'analyse de son entraîneur Stéphane Moualek. « On a joué avec le frein alors qu'on aurait dû se lâcher », regrettait l'ailier droit Frédéric Dole. Chérif Gormit trouvait, lui, des circonstances atténuantes à cette déroute. « C'est notre première saison en D1 et il y avait 5 000 personnes, on n'a peut-être eu les jambes qui tremblaient... » Et les bras aussi. Il aura ainsi fallu attendre très précisément 9' 32" pour qu'enfin les filets du champion olympique Daouda Karaboué ne tremblent.
C'est l'arrière droit Florent Corbin, quatre buts hier, qui libérait les siens. « On manquait de souffle au bout de quinze minutes tant l'intensité était importante, avouait Gormit. Ça n'a rien à voir avec la D2... » Et sans un grand Marouène Maggaiez, auteur de treize arrêts, l'addition aurait pu être plus salée. « On a eu une belle fête mais on n'a peut-être pas été à la hauteur », poursuivait Gormit. Avant de relativiser : « Après, on ne jouera pas face à Montpellier tous les week-ends... »