« Cette équipe a besoin de grands frères »

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Publié le 15 septembre 2008.

Jérôme Alonzo

Jérôme Alonzo

Gardien de but du FC Nantes.

Vous devez être heureux de retrouver le terrain après votre absence en début de saison, due à vos blessures. D'autant que Nantes se déplace au Parc, dimanche...

Je viens de retrouver des joies simples. Pouvoir plonger ou courir sans me faire mal. J'ai eu un été pourri. Ça aurait été une grande déception de ne pas être dans le groupe pour Paris...

Quelle image pensez-vous avoir laissée à Paris où vous avez joué de 2001 à 2008 ?

Une bonne, j'espère. Celle d'un joueur généreux et fidèle à son club. Il paraît qu'on me réserve un accueil chaleureux. Je suis arrivé là-bas, je n'étais pas une star. J'étais la doublure de Lionel Letizi et je venais de l'OM... Et dans les interviews, je disais que j'étais fier d'avoir été marseillais. Je n'ai jamais nié ça. Ils ont vu que j'étais un type honnête. J'ai aimé Paris plus que de raison. Le club m'a usé la santé et le sommeil. Mais c'était génial !

Le coach parisien Paul Le Guen ne voulait plus de vous. Vous avez une revanche à prendre ?

Je n'ai pas de comptes à régler. Il y a juste un mec qui ne voulait pas que je reste. Je ne vais pas lui faire la bise, c'est sûr... Et puis, c'est tellement beau ce que je vais vivre ; je ne veux pas gâcher ça. De toute façon, je préfère ma vie à la sienne.

Que pensez-vous de votre vis-à-vis, Mikaël Landreau ?

Rien. Ce n'était pas le joueur dont j'étais le plus proche dans le vestiaire... Et, malheureusement pour nous, il faut avouer qu'il fait un très bon début de saison.

Est-il vrai que vous avez appris une chose de sa part : faire les noeuds de cravate ?

C'était du second degré, mais ce fait historique est absolument vrai !

Comment avez-vous vécu ce début de saison un peu piteux ?

Mal. J'ai passé plus de temps à l'infirmerie qu'avec mes gars...

Que doit apporter Elie Baup ?

De la discipline. Ce vestiaire en manque. Ce n'est pas méchant. Ce sont des gamins. Un jour, il y a eu une baston [Babovic a frappé Abdoun, la veille du premier match] On en a parlé pendant un mois. Il n'y a rien de grave. Mais cette équipe a besoin de grands frères.

Un pro se doit pourtant d'être discipliné...

Oui, mais dans chaque club, il y a des mecs indisciplinés. Vous parlez à un fils d'entraîneur ; moi, ça fait seize ans que je cire mes pompes à chaque entraînement. Je suis arrivé deux fois en retard dans ma vie. Je n'ai pas de mérite : on m'a élevé comme ça. En revanche, pour le joueur qui vient d'un milieu plus défavorisé, il faut aller chercher plus loin les raisons... C'est un problème générationnel. Avant, tu signais pro pour 9 000 francs, désormais c'est pour l'équivalent en euros !

Vous attendiez-vous à cette effervescence autour du FCN ?

Non. Mais une crise, ici, ce n'est pas non plus comparable avec Paris. Il y aurait eu 40 journalistes devant moi. Là, vous êtes quatre ! Au niveau des crises, vous avez beaucoup à apprendre !

Recueilli par D. P. - ©2008 20 minutes
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