Nicolas Sarkozy est un récidiviste. Neuf mois après son discours à la basilique de Saint-Jean-de-Latran, à Rome, le président de la République a redéfendu ce week-end devant le pape Benoît XVI une « laïcité positive ». Une redéfinition de la laïcité à la française qui a relancé la polémique, à gauche mais aussi à droite, sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Pour le socialiste François Hollande, « il n'y a pas de laïcité positive ou négative, il y a la laïcité, c'est un principe républicain ». Une position partagée par le chiraquien François Baroin selon lequel la laïcité est « une valeur absolue ». Beaucoup, comme François Bayrou, reprochent à Nicolas Sarkozy, un « mélange des genres » entre « ses croyances personnelles » et sa fonction de Président de tous les Français, croyants ou pas. Seule la garde sarkozyste a défendu le chef de l'Etat, le député UMP Frédéric Lefebvre accusant même le PS « d'insulter tous les chrétiens de France ».
Un virage politico-religieux qui pourrait avoir des retombées dans le débat public. Pour la journaliste Caroline Fourest*, Nicolas Sarkozy « souhaite que l'on tienne davantage compte de l'avis de l'Eglise sur des sujets comme l'avortement, l'euthanasie, ou la recherche sur les cellules souches [...] Ce n'est plus l'intérêt général qui prime mais le respect des sensibilités religieuses ».
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