Evénement pour la communauté catholique française : le pape, Benoît XVI, débarque en France ce week-end pour les 150 ans de l'apparition de la Vierge à Bernadette. Direction Paris - avec veillée à Notre-Dame, messe aux Invalides et discours au couvent des Bernardins -, puis Lourdes, au plus près du miracle.
A la veille de cette visite, qui devrait attirer les ouailles en nombre, où en sont les catholiques de France ? Cette religion, toujours majoritaire dans le pays, continue de subir un déclin historique. Entamée dès l'après-guerre, la chute de la foi dans l'Hexagone a connu une brusque accélération au début des années 1970. En 1981, 71 % des Français s'affirmaient catholiques ; ils n'étaient plus que 53 % en 1999, et selon un sondage Ifop 2007, ils seraient remontés aujour-d'hui autour de 60 %. Une résurrection qui ne se traduit pas forcément par un retour aux églises. Par ailleurs, « de plus en plus de Français affirment croire, mais sans savoir en quoi, explique la sociologue des religions Danièle Hervieu-Léger. La croyance est très individualisée, et de moins en moins encadrée par les institutions. »
Le voyage de Benoît XVI en terre française laïque, tendrait donc à réveiller un clergé en perte d'influence. « Il y a une baisse constante du catholicisme en France, mais le noyau dur de pratiquants réguliers, entre 5 % et 10 % des Français, se fortifie et se veut plus visible. C'est là-dessus que veut s'appuyer le Pape pour redynamiser le clergé français », estime Frédéric Le-noir, directeur du Monde des religions. Au risque de les choquer, en multipliant les gestes vers les catholiques intégristes, comme récemment, en défendant le retour de la messe en latin. Pour Frédéric Lenoir, « les traditionalistes sont ultra-minoritaires en France. Ils représentent à peine quelques milliers de personnes. En les flattant, le pape met en porte-à-faux les millions de pratiquants nationaux très attachés aux acquis sociaux et culturels de Vatican II. »